: La propriétaire de la garderie La Cabane Blanche Geneviève Tremblay a érigé une pancarte-choc pour faire ralentir les conducteurs au centre-ville de Sainte-Edwidge-de-Clifton, sur laquelle on peut lire «Il reste encore des enfants à écraser, vous pouvez accélérer».

Une pancarte-choc pour faire changer les choses

SAINTE-EDWIDGE-DE-CLIFTON – Geneviève Tremblay a décidé de prendre les grands moyens avant de voir une tragédie se produire. Propriétaire d’une garderie sur un chemin où automobilistes et camionneurs roulent à une vitesse folle, elle a érigé une pancarte sur laquelle on peut lire «Il reste encore des enfants à écraser, vous pouvez accélérer», espérant attirer l’attention des autorités à sa situation.

La garderie en milieu familial La Cabane Blanche, dont Geneviève Tremblay est propriétaire, est située à l’intersection du chemin Favreau et du chemin Léon-Guérin, en plein centre-ville de la municipalité de Sainte-Edwidge-de-Clifton. Chaque jour, des centaines véhicules déferlent sur la route à des vitesses allant de 80 à 100 kilomètres-heure et des camions empiètent régulièrement sur son terrain.

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«Les gens roulent tellement vite quand ils entrent au village, déplore la femme, qui vit constamment dans la peur qu’un incident tragique survienne. De plus, il y a des côtes qui font en sorte qu’on ne peut pas voir venir les autos et les camions de loin. La vitesse est la source du problème, même si tout le monde connaît la limite permise. C’est sans compter les fourgonnettes et les camions qui embarquent sur mon terrain pour tourner, exactement à l’endroit où mes enfants attendent l’autobus.»

«C’est dangereux au point où j’ai dû acheter un pouponbus pour promener les enfants que je garde, souligne Mme Tremblay. Je ne peux tout simplement pas les faire marcher, on ne pourrait jamais traverser la rue en sécurité. Mon conjoint a passé à un pied de se faire happer la semaine dernière.»

Pancarte-choc

Face à cette situation hautement inquiétante, la propriétaire de la garderie a décidé de prendre les grands moyens. Elle a conçu une pancarte-choc qui s’adresse directement aux automobilistes ainsi qu’aux camionneurs fautifs, sur laquelle on peut lire «Il reste encore des enfants à écraser, vous pouvez accélérer», écrite noire sur blanc.

«Oui, ma pancarte a fait jaser à cause des mots utilisés, mais c’est la seule façon d’attirer de l’attention à la problématique et d’espérer sensibiliser les gens, admet-elle. J’ai décidé de prendre les grands moyens un bon matin parce que je veux éviter qu’un drame se produise à tout prix. Je ne peux pas rester les bras croisés en attendant que quelqu’un se fasse frapper.»

Pour le moment, seule une lumière jaune clignotante est installée à la jonction des deux chemins. Ce dispositif ne change en rien le comportement des conducteurs, soutient Geneviève Tremblay, qui a entamé des démarches auprès des instances gouvernementales afin qu’une signalisation plus appropriée soit installée.

«Comme la route 251 (chemin Favreau) appartient au ministère des Transports du Québec, c’est vers eux que je me suis tournée initialement pour obtenir de l’aide, raconte-t-elle. Cependant, ils m’ont recommandé de m’adresser au bureau de ma députée, dont la réponse ne m’a pas rassurée.»

«Le conseil municipal ainsi que le maire Bernard Marion ont entendu mon appel à l’aide et ont rédigé une lettre dirigée au MTQ pour obtenir sa collaboration, poursuit-elle. On ne peut pas attendre que survienne une tragédie pour agir.»