Il y a 12 petites vedettes à l’école Louis-Saint-Laurent de Compton. Ces petites vedettes, ce sont les élèves de la nouvelle classe de maternelle quatre ans.

Une maternelle quatre ans qui ne fait que des heureux

Il y a 12 petites vedettes à l’école Louis-Saint-Laurent de Compton. Quand elles sortent à la récréation en même temps que les plus grands, tout le monde veut les promener en traîneau, tout le monde se propose pour les aider. Les petites vedettes sont d’ailleurs parrainées par des grands de cinquième année pour les aider dans certaines tâches — comme celle de grimper dans le bon autobus scolaire une fois la cloche sonnée en fin de journée. Ces petites vedettes, ce sont les élèves de la nouvelle classe de maternelle quatre ans.

Près de six mois après le début de l’année scolaire, l’intégration d’une classe de maternelle quatre ans au sein de l’école primaire s’avère une expérience totalement positive pour l’équipe-école et pour les parents de la municipalité qui ont choisi d’envoyer leurs enfants dans cette nouvelle classe.

« Les enfants vont bien. Ils s’adaptent facilement. Leurs parents se sont impliqués, c’est merveilleux », indique l’enseignante Marie-Andrée Roussin, qui enseignait à la maternelle cinq ans depuis 25 ans avant de se lancer dans cette nouvelle aventure.

Le programme de la maternelle quatre ans est « intelligent et bien monté », souligne l’enseignante.

Celui-ci a d’abord été créé pour les élèves des écoles ayant des taux de défavorisation élevés où les parents sont en rupture avec le milieu scolaire. Dans ce contexte, le programme prévoit une dizaine d’activités avec les parents au cours de l’année. Et à Compton, les parents embarquent à fond dans l’aventure.

« Au début de l’année, j’ai demandé des idées aux parents et elles étaient tellement toutes bonnes que je les ai toutes choisies. Par exemple, on a fait un atelier de décoration de citrouilles et un déjeuner de Noël en pyjama », mentionne Mme Roussin.

« J’ai souvent plus de parents que d’élèves, ce qui veut dire que les parents viennent en couple ou avec la grand-maman par exemple. C’est merveilleux! » dit l’enseignante.

Une classe demandée par le milieu

Cette nouvelle aventure dans une école déjà bien trop pleine (voir autre texte) a commencé en février l’an dernier.

« Pendant la période d’inscription à l’école, nous avons reçu des appels de parents qui étaient intéressés par la maternelle quatre ans. Devant l’intérêt, nous avons décidé de nous lancer dans le projet », indique Chantale Leroux, la directrice de cette école de la Commission scolaire des Hauts-Cantons.

Au Québec, l’implantation des maternelles quatre ans bénéficie d’un accueil mitigé dans la population et même dans le milieu de l’éducation et de la petite enfance. « Au début, il y avait quelques membres du personnel qui se posaient des questions sur la pertinence du projet d’un point de vue éducatif. Mais les réticences sont vite tombées. Tout le personnel est content de notre expérience, qui est très positive », soutient Chantale Leroux.

L’école a dû faire quelques adaptations en début d’année. Mais rien d’insurmontable, loin de là. « Le premier midi, à la cafétéria, nous avons vu que certains élèves mangeaient sur leurs genoux parce que la table était trop haute. Oups! On avait une demi-table disponible, on a l’a amenée tout de suite, on l’a ajustée avec le concierge, et maintenant tout va bien », illustre en exemple Mme Leroux.

Il pourrait y avoir jusqu’à 17 élèves dans une classe de maternelle quatre ans. Cette année, il y a 12 petits dans la classe de Mme Roussin. « J’ai de l’aide : un éducateur spécialisé est avec moi en classe 15 heures par semaine. Son apport est important. Par exemple, tous les matins, il est sur la cour à l’arrivée des enfants à la sortie de l’autobus. Des enfants de trois ans (pour certains, au début de l’année scolaire) et de quatre ans, on ne peut pas les laisser seuls dans une cour d’école, on doit les accompagner », indique l’enseignante.

La maternelle quatre ans est si bien accueillie à l’école et dans la communauté qu’on vise à en offrir une seconde classe l’an prochain.

L’éducateur spécialisé Jean-François Baillargeon passe 15 heures par semaine dans la classe de Mme Marie-Andrée, l’enseignante de la nouvelle classe de maternelle quatre ans à l’école Louis-Saint-Laurent de Compton.

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Agrandissement de l’école: la mobilisation a été entendue à Québec

L’école Louis-Saint-Laurent de Compton n’a toujours pas eu le feu vert pour l’agrandissement tant attendu de son école primaire. « Présentement, le projet est en troisième phase d’analyse. Le projet chemine bien, mais on n’a pas encore de réponse à donner. On espère avoir une réponse positive pour l’agrandissement, mais quand on voit une mobilisation positive, quand il y a un intérêt, c’est bon signe », assure Geneviève Hébert, députée de la CAQ de la circonscription de Saint-François.

L’école Louis-Saint-Laurent déborde depuis 2015 et manque d’espace pour accueillir les enfants de la municipalité. L’idée d’envoyer des élèves à Coaticook a été étudiée puis abandonnée. Un projet d’agrandissement a finalement été déposé à Québec en 2018. En attendant, l’école a choisi de relocaliser trois classes dans un pavillon municipal loué à la municipalité de Compton, situé à proximité de l’école. 

La Commission scolaire des Hauts-Cantons a demandé un agrandissement de quatre classes en plus d’aires communes mieux adaptées, comme la cafétéria par exemple qui est divisée en deux parties actuellement.

« En ramenant les trois classes qui sont dans le pavillon actuellement, et en ajoutant éventuellement une deuxième classe de maternelle quatre ans, tous nos locaux seraient déjà complets », soutient la directrice de l’école Louis-Saint-Laurent Chantal Leroux.

Cette relation précieuse entre la communauté de Compton, son école et ses 228 élèves a notamment été mise en lumière dans un lipdub lancé l’automne passé et destiné à attirer l’attention du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge. Il n’y avait pas que les élèves de l’école Louis-Saint-Laurent qui se sont déhanchés pour réaliser le vidéo. Toute la communauté, des travailleurs de la voirie jusqu’aux membres du conseil municipal, a participé au projet.

Ce libdub rassembleur s’est rendu jusqu’à la colline parlementaire, assure la députée Hébert. « Le ministre est sensible à la situation de Compton, le premier ministre est au courant, ils ont vu le libdub. Ils savent que l’agrandissement est dans mes engagements, et le premier ministre espère qu’on va pouvoir réaliser tous nos engagements », ajoute la députée de Saint-François.

Peu importe quand l’annonce sera effectuée, il faudra attendre au moins jusqu’à la rentrée scolaire 2021-2022 pour que les élèves puissent envahir de nouveaux locaux.