Fondatrice du Camp des perséides, Alexandra Abraham a elle-même connu la douleur de perdre deux enfants en très bas âge.

Une maison de soins palliatifs pour les enfants pourrait voir le jour

Sensible aux difficultés vécues par les familles comptant un enfant malade, l’infirmière auxiliaire Alexandra Abraham a élaboré un projet de maison de soins palliatifs et de répit ciblant précisément la clientèle des jeunes. Elle paraît confiante d’arriver à ses fins dans un proche avenir.

Mme Abraham a elle-même connu la douleur de perdre un enfant, et ce, à deux reprises. Dans les deux cas, il s’agissait d’enfant en très bas âge. « On vit des sentiments intenses dans une telle situation. Je comprends ce que traversent les parents qui voient un de leurs jeunes disparaître », explique-t-elle.

Sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie — CHUS, entre 15 et 20 enfants auraient droit à des soins palliatifs tous les ans. Les installations dans lesquelles on les accueille à l’hôpital sont adéquates, mais n’offrent évidemment pas la chaleur d’un foyer. Voilà pourquoi un lieu mieux adapté aux besoins de cette clientèle mériterait de voir le jour dans la région.

« Je veux apporter un côté humain fort, déclare Alexandra Abraham. C’est important d’être à l’écoute parce que les familles sont souvent très éprouvées. Il faut aussi s’assurer que tout le confort nécessaire est proposé. »

Pour réaliser son projet, Mme Abraham a créé un organisme à but non lucratif baptisé Le Camp des perséides. Cet organisme a entrepris d’amasser des fonds pour la construction de la future maison de répit et de soins palliatifs. L’aide du gouvernement provincial est également sollicitée.

La fondatrice du Camp des perséides a déniché un terrain dans le canton de Hatley où elle entend concrétiser son projet. Elle a amorcé des démarches afin de l’acquérir et a reçu le soutien du maire de la municipalité, Martin Primeau.

« Je ne souhaitais pas quelque chose en pleine ville de Sherbrooke, par exemple. Le terrain choisi est dans un milieu champêtre en les gens pourront se rendre facilement en bordure du lac Massawippi, qui est tout près. Si tu berces un enfant pour la dernière fois, il me semble que c’est le genre de lieu où tu désirerais être. »

La construction du bâtiment devrait coûter plus de 4 millions $, tandis que la facture pour l’achat d’équipements médicaux s’élèvera à environ 725 000 $, selon les estimations fournies.

Alexandra Abraham aimerait que la future maison possède 13 chambres, dont au moins trois seraient consacrées au volet répit, qui consiste en l’accueil d’enfants souffrant de difficultés diverses pour de courts séjours.

« Je souhaite la construction d’un bâtiment écologique certifié LEED dans lequel on trouverait une piscine intérieure, un équipement tout à fait génial avec la clientèle des jeunes atteints de paralysie cérébrale, explique-t-elle. Une salle multisensorielle serait aussi aménagée et des bains thérapeutiques ainsi que des lève-personnes seraient installés à différents endroits. »

Le financement

Afin de financer son projet, la fondatrice du Camp des perséides a l’intention de recueillir une somme de 300 000 $ auprès de donateurs d’ici et d’ailleurs. Le reste de l’argent serait fourni par une institution financière, sous forme de prêt bancaire, et le gouvernement du Québec.

Sans surprise, Alexandra Abraham confie que Québec devra accorder un financement récurrent au Camp des perséides pour que celui-ci puisse exister durant de nombreuses années. Elle admet cependant qu’il est illusoire de penser que le gouvernement provincial assumera seul l’ensemble des frais de fonctionnement. Elle prévoit d’ailleurs que des activités de financement continueront d’être organisées après le démarrage.

Un souper-spaghetti avec danse aura lieu le 26 mai prochain au Centre communautaire de Sainte-Catherine-de-Hatley, pour amasser des fonds pour la construction de la maison de soins palliatifs et de répit.