Mélissa Généreux
Mélissa Généreux

Une lutte épuisante pour les travailleurs de la Santé publique

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les employés de la Direction de la santé publique de l’Estrie (DSP) ont été durement touchés par une éclosion de la COVID-19 : environ 40 des 100 employés sont touchés par la maladie. La DSP pourrait d’ailleurs bientôt recevoir de l’aide d’une équipe de santé publique d’une autre région moins touchée par l’épidémie afin de mener à bien ses enquêtes alors que de nombreux employés doivent prendre le temps de se soigner.

La Dre Mélissa Généreux ne fait pas partie des malades en ce moment. Elle a toutefois été évaluée comme étant à « risque modéré » de contracter la maladie en raison de ses contacts avec ses collègues. Les travailleurs de la santé et des services sociaux ainsi catégorisés doivent donc se placer en isolement à domicile… sauf pour aller au travail.

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Quand elles sont au travail, les personnes à risque modéré doivent porter le masque en tout temps.

La Dre Généreux a toutefois été la première à pouvoir travailler à partir de chez elle, dès la fin de semaine dernière, après qu’on ait pu s’assurer que les données étaient bien protégées sur son réseau à domicile.

« L’organisation fait des efforts pour pouvoir rendre le télétravail possible, mais c’est un défi parce que nous travaillons avec des dossiers papier et parce que les données doivent être sécurisées », explique la médecin-conseil de la Santé publique de l’Estrie.


« Je trouve ça difficile de ne plus pouvoir les voir ni leur faire de câlins le soir. »
Mélissa Généreux

Si elle travaille à partir de la maison, la Dre Généreux a dû faire un important sacrifice, celui de se séparer de ses enfants pour 14 jours afin de les protéger durant sa quarantaine.

« Je trouve ça difficile de ne plus pouvoir les voir ni leur faire de câlins le soir. C’était un peu mon bonbon, ma récompense en arrivant du travail de pouvoir les prendre dans mes bras et j’ai perdu ça. J’ai mon 14 jours à purger... Mais je dois dire que je ne suis pas la seule, c’est aussi la situation de nombreux membres de l’équipe de la Santé publique en ce moment... », soupire-t-elle.

La fatigue est déjà bien palpable chez tous les membres de la Santé publique. Les gens continueront de travailler par passion. Ils ne comptent plus les jours de travail en ligne ni les heures travaillées dans chaque journée. « Ce qu’on fait en ce moment, c’est un peu le summum de ce qui nous a amenés à choisir de travailler en santé publique. Notre travail sert vraiment à freiner la propagation de pandémie », clame-t-elle.

Personne ne peut encore dire combien de temps durera la crise. L’équipe pourra-t-elle maintenir le rythme pendant des jours et des semaines, voire davantage?

« J’ai un peu peur à l’après, quand on retrouvera notre travail normal… Mais il y a aussi notre capacité à faire face au stress au quotidien… Je ne sais pas trop ce qui arrivera après, je n’ai pas la capacité de me projeter aussi loin pour le moment », indique Mélissa Généreux après un moment de réflexion.