Benita Polanco cumule des dettes avoisinant 14 000$ pour des soins médicaux prodigués à sa soeur, venue la visiter de la République dominicaine sans assurance.

Une imprudence qui coûte cher

On entend souvent parler de voyages dans le Sud qui tournent au cauchemar. Benita Polanco a vécu l’histoire inverse. Les ennuis de santé de sa demi-sœur, venue de la République dominicaine pour la visiter, l’affligent d’une dette résiduelle de près de 14 000 $ envers le CIUSSS de l’Estrie. La femme, dont la sécurité d’emploi est précaire, lance un cri du cœur pour tenter de garder la tête hors de l’eau.

La mésaventure de Benita Polanco a pris naissance en pleine réunion du temps des Fêtes. Leysida de la Rosa était alors en voyage au Québec après avoir visité son fils à Toronto. La famille filait le parfait bonheur. Cependant, les festivités ont été de courte durée, car la Dominicaine de 57 ans a commencé à avoir de graves problèmes respiratoires.

« Je m’inquiétais vraiment beaucoup pour elle. Son état de santé se dégradait rapidement, alors je l’ai amenée dans une clinique privée. Le médecin m’a dit qu’elle avait de l’eau sur les poumons et un problème de cœur. C’était majeur. On n’avait pas le choix d’aller à l’hôpital », raconte la résidente de Saint-Paul-d’Abbotsford.

Le 26 décembre, les deux femmes se présentent donc à l’urgence du centre hospitalier de Granby (CHG). Or, Mme de la Rosa n’avait pas d’assurance voyage. L’agence avec laquelle elle a fait affaire ne lui a pas proposé cette option, affirme Benita Polanco, concédant que sa sœur a joué d’imprudence en ne faisant pas de démarche pour être bien protégée en cas de pépin. Un dépôt de 1200 $ a donc été exigé.

« J’ai dit au médecin à l’urgence que ma sœur ne pouvait pas rester longtemps à l’hôpital parce qu’elle n’a pas les moyens de payer une grosse facture, indique Mme Polanco. Mais c’était assez grave pour qu’ils ne la laissent pas partir. »

La quinquagénaire a finalement été hospitalisée durant une dizaine de jours. Elle a même dû être transférée au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) pour y passer des tests plus poussés, soit une coronarographie. On lui a diagnostiqué une « surcharge pulmonaire » jumelée à une « insuffisance cardiaque sévère », mentionne le rapport d’une interniste du CHG daté du 1er janvier.

SOS

Heureusement, Leysida de la Rosa s’en est sortie et a pu être prise en charge lors de son retour au bercail. Toutefois, Benita Polanco était loin de se douter du contrecoup de ce malencontreux épisode : la facture pour les soins prodigués à sa sœur totalise plus de 20 000 $.

À eux seuls, les frais d’hospitalisation s’élèvent à 18 528 $ et le passage à l’urgence du CHG a coûté 2420,71 $. Ceci inclut entre autres la visite, le suivi du dossier par quatre médecins, deux radiographies des poumons puis une du thorax, une échographie cardiaque et des analyses en laboratoire.

« Quand j’ai reçu la facture, j’étais sous le choc. On est une petite famille, pas riche, mais unie, souligne la mère monoparentale. Alors, on a réussi à réunir 6000 $. »

Le solde à payer se dresse toutefois comme un obstacle quasi insurmontable pour la Québécoise d’adoption. « J’ai 14 000 $ de dettes sur les bras. Et pour en ajouter, je travaille à la fromagerie Agropur de Saint-Damase, qui va fermer. J’ai un stress énorme. Est-ce que je vais tout perdre et me ramasser à la rue ? »

Elle lance donc un SOS en espérant que son cri du cœur fera écho. « Je ne demande pas que des gens paient toute ma dette. Tout le monde a quelque chose à payer, concède-t-elle. Mais j’ai vraiment besoin d’aide, sinon, je ne pourrai peut-être pas m’en sortir. »

Les gens qui souhaitent soutenir Benita Polanco peuvent la joindre au 450-372-8192.

FAIRE PREUVE D’HUMANISME

Étant donné l’aspect confidentiel du dossier de santé de Mme de la Rosa, le CIUSSS de l’Estrie ne peut pas le commenter précisément. En cas de mauvaise créance, l’organisation préconise toutefois les ententes de paiement, plutôt que d’avoir recours aux tribunaux. 

« C’est important de respecter la capacité de payer des gens, d’être accommodant. L’humanisme est une de nos valeurs. [...] Il reste que l’on gère l’argent des contribuables québécois. On a donc une procédure [de recouvrement] rigoureuse », fait valoir le directeur des ressources financières et de la logistique du CIUSSS, Pierre-Albert Coubat.

Selon ce dernier, aucuns frais d’intérêts ne sont ajoutés aux factures impayées. 

Par ailleurs, les mauvaises créances s’élèvent à 1,2 million de dollars (2017-2018) au sein du CIUSSS, rapportait La Tribune. Cela représente « 0,8 % de l’ensemble des revenus de l’établissement de santé dont le budget annuel est 1,48 G $ ».