Au cours des 15 dernières années, le poste de député d’Orford a été occupé par Pierre Reid, un ancien recteur de l’Université de Sherbrooke.

Une forteresse libérale qui vacille

Créée en 1972, la circonscription d’Orford a toujours été représentée par un député libéral, ce qui fait donc d’elle une véritable forteresse du Parti libéral du Québec (PLQ). Toutefois, les murs de cette forteresse ont récemment commencé à se lézarder, laissant croire qu’un revirement est possible. Quelle sera l’issue du vote le 1er octobre? Les paris sont ouverts.

Au cours des 15 dernières années, le poste de député d’Orford a été occupé par Pierre Reid, un ancien recteur de l’Université de Sherbrooke. Un ex-président du PLQ, en l’occurrence Robert Benoit, a précédemment effectué quelques mandats dans cette circonscription, qui englobe la majeure partie de la MRC de Memphrémagog.

La Tribune a récemment publié un sondage réalisé par la firme Mainstreet Research qui tendait à démontrer que la CAQ était en tête dans Orford. L’écart entre le candidat Gilles Bélanger et le libéral Guy Madore n’était toutefois pas énorme, de sorte que l’un comme l’autre pouvait espérer l’emporter.

Parmi les principaux enjeux de l’élection dans cette circonscription, on retrouve assurément la santé. La MRC de Memphrémagog possède une des populations les plus âgées au Québec. Et la réforme appliquée en santé, ces dernières années, a créé une vive insatisfaction à Magog et dans les environs.

Au plan économique par contre, aucun nuage n’a obscurci le ciel de la circonscription depuis quelques années. Plus de 300 emplois se sont notamment ajoutés dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC). 

L’économie d’abord

À n’en pas douter, l’expérience de Gilles Bélanger en matière de développement économique a séduit le chef de la CAQ, François Legault. Ce dernier aimerait ainsi que son nouveau poulain joue un rôle important au plan économique à l’intérieur d’un éventuel gouvernement caquiste. 

Gilles Bélanger, candidat de la CAQ.

M. Bélanger a une longue feuille de route dans le domaine des affaires. Il a en outre cofondé le Carrefour santé globale à Magog, favorisé le développement du secteur des TIC en sol magogois et élaboré un projet de relance pour la station de ski Owl’s Head.

« Je veux développer des emplois plus payants, affirme le candidat de la CAQ. Entre autres, il y a une main-d’œuvre expérimentée ici qui n’a pas des conditions de travail merveilleuses, bien souvent, et je souhaite faire quelque chose pour elle. Il faudrait lui faciliter la tâche au plan fiscal. »

Malgré qu’il connaisse davantage les secteurs industriel, commercial et des TIC, Gilles Bélanger propose la création de nombreuses serres de culture dans la région de Magog. « On n’a pas des terres extraordinaires dans notre coin, mais en misant sur ce type d’agriculture, on pourrait aller jusqu’à vendre à l’international », déclare-t-il.

La santé également est une priorité pour M. Bélanger, lequel donne son appui sans réserve au Comité de vigie de l’hôpital Memphrémagog. « Je voudrais que le centre de santé chez nous possède un meilleur pouvoir de gestion », note-t-il.

Le dauphin

Ayant amorcé une carrière de courtier immobilier en 2011, Guy Madore a fait des études en journalisme et en communications au sens plus large. Il a été l’attaché politique de Pierre Reid pendant les années qui ont suivi l’élection de celui-ci, en avril 2003, et se présente comme un homme « à l’écoute et attentionné. »

Guy Madore, candidat du PLQ.

Lorsqu’on lui demande quelle est sa priorité, le candidat libéral dans Orford rappelle avoir rapidement indiqué, en début de campagne électorale, que la protection de l’eau potable constituait pour lui un enjeu majeur.

« J’ai dit le premier jour de ma campagne que l’eau potable serait ma priorité, fait valoir Guy Madore. Le site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, est d’ailleurs un enjeu pour moi. Et il y a des espèces nuisibles, comme la moule zébrée, qui représentent aussi un problème. »

D’autre part, M. Madore se déclare préoccupé par le « problème de main-d’œuvre » que vit le Québec à l’heure actuelle. « Le taux de chômage et le nombre de gens à l’aide sociale n’ont jamais été si bas. Je pense qu’il faut faire des efforts pour garder nos entreprises chez nous en misant sur une immigration bien organisée », soutient-il.

Afin de franciser les immigrants, il suggère une meilleure collaboration entre les écoles et les employeurs. « Il existe de la francisation dans les entreprises, mais c’est une chose qu’il faut élargir. Les entreprises sont prêtes pour ça d’après moi. »

De père en fils

Candidat pour le Parti québécois dans Orford, Maxime Leclerc confie être issu d’une « famille d’indépendantistes ». Il a commencé à s’impliquer au PQ il y a deux ans et souligne avec fierté avoir participé à l’élaboration du programme péquiste à l’échelle de la circonscription.

Maxime Leclerc, candidat du PQ.

M. Leclerc habite le secteur de Bonsecours, qui l’a vu naître. Il œuvre dans le domaine des affaires et est père de quatre enfants. Il a agi à titre d’élu municipal à Bonsecours entre 2009 et 2013.

D’emblée, le candidat péquiste révèle qu’il ne veut rien promettre à quiconque. « Je fais une campagne sans fausse promesse, sans illusion. Je défends plutôt haut et fort les engagements du Parti québécois », précise-t-il.

Maxime Leclerc indique avoir rencontré plusieurs personnes qui ont travaillé dans le parc industriel de Magog et qui ont perdu leur travail lorsque l’entreprise qui les employait a fermé ou a quitté. « Je considère que les gens d’ici ont besoin d’emplois manufacturiers. Je voudrais être un facilitateur et aider le secteur industriel à remonter. Mais soyons clair tout de suite, ce n’est pas le gouvernement qui crée des jobs », dit-il.

Par ailleurs, M. Leclerc souligne qu’il a la protection des lacs et de l’environnement à cœur. « C’est d’autant plus important de protéger nos ressources naturelles, dans la région, que plusieurs personnes sont attirées par la beauté de notre nature et que la valeur foncière de nos propriétés en dépend. »

Des services efficaces

Possédant un baccalauréat en travail social, Annabelle Lalumière-Ting a récemment amorcé une maitrise en relations internationales. Elle travaille actuellement en tant qu’éducatrice dans des centres de la petite enfance de la région et a par le passé œuvré à titre d’intervenante de proximité pour l’organisme Ressources-Relais Memphrémagog.

Annabelle Lalumière-Ting, candidate de QS.

« En travaillant à Magog en collaboration avec le réseau de la santé, j’ai vécu plusieurs cas où la clientèle ne pouvait pas bénéficier d’un service, car la situation n’était pas assez grave. J’ai également été témoin de coupes de personnel et de délais totalement déraisonnables. Ce que j’ai réalisé m’a incitée à me présenter avec Québec solidaire », explique-t-elle.

Le principal engagement d’Annabelle Lalumière-Ting est lié à la question du transport collectif. « Je veux créer un réseau de transport en commun abordable et adapté à la capacité financière des citoyens afin que toute la population en profite », révèle-t-elle.

La protection des lacs et des rivières constitue également une priorité pour Mme Lalumière-Ting. « La préservation de la qualité de l’eau passerait par le respect de normes sévères sur ce que les bassins versants peuvent contenir ou non. Je privilégierais d’autre part l’utilisation d’énergies et de produits plus verts. »

Plus largement, la candidate de QS affirme qu’elle désire « apporter aux gens d’Orford le sentiment d’être écoutés et faire en sorte que leurs revendications soient reflétées à l’Assemblée nationale ».