Samuel et Sabin Champigny, vice-président et président de la Fondation Nathalie Champigny, ainsi que Stéphane Luce, président de Meurtres et disparitions irrésolus du Québec, en appellent à la classe politique pour faire respecter les droits des personnes disparues et ceux de leurs proches.

Une fondation pour aider les proches de personnes disparues

Vingt-six ans, sept mois et quelques jours. Voilà depuis combien de temps les proches de Nathalie Champigny­ sont sans nouvelles de celle qui a disparu le 22 février 1992 à l’âge de 21 ans. Son frère Sabin souhaitait faire quelque chose en sa mémoire, mais aussi pour les autres qui ont subi le même sort. Il a donc annoncé lundi la mise sur pied d’une fondation dédiée aux personnes disparues et dont les activités démarreront au printemps prochain.

La Fondation Nathalie Champigny aura pour objectif de faire voir le visage des personnes disparues ou victimes de crimes non résolus dans l’espoir de les retrouver ou de faire progresser les enquêtes. 

Les photos des victimes seront affichées sur le site internet de la fondation (www.fondationnathaliechampigny­.com), dans les médias et sur des panneaux électroniques qui seront installés au bord des grands axes routiers. De plus, une carte du Québec sera mise en ligne pour lister les personnes disparues ou victimes de crimes non résolus par région.

En outre, l’organisme souhaite aider aux recherches grâce à l’acquisition d’appareils technologiques tels que des géoradars et des drônes munis de caméras thermiques. « Si on avait eu accès à ces technologies-là, on aurait peut-être déjà retrouvé le corps de ma soeur », a témoigné M. Champigny.

La fondation compte travailler de concert avec les différents corps policiers du Québec pour faire avancer les différents dossiers. D’ailleurs, l’organisme s’est adjoint des collaborateurs pour y parvenir, entre autres des recherchistes, des programmeurs, des détectives privés, de même que des policiers et des enquêteurs à la retraite. 

Enfin, l’organisme souhaite aider des familles qui auraient besoin d’un avocat pour faire valoir leurs droits. Il se financera grâce à des dons reçus de particuliers ou d’entreprises, dont certaines auraient déjà témoigné un intérêt à contribuer. L’affichage de commanditaires sur les panneaux électroniques permettra aussi de renflouer les coffres. 

La classe politique interpellée

Les représentants de l’organisme nouvellement constitué, accompagnés de Stéphane Luce, président de Meurtres et disparitions irrésolus du Québec, ont profité de l’annonce pour appeler la classe politique à mettre en place des mesures pour faire respecter les droits des personnes disparues et ceux de leurs proches. 

On demande, entre autres, que les dossiers non résolus de disparition ou de crime contre la personne ne soient jamais mis sur les tablettes ou laissés inactifs pendant de longues périodes de temps, que les familles et les proches des personnes concernées soient tenues au courant de l’avancement des enquêtes sur une base annuelle et que des lois soient adoptées pour faire respecter les droits des victimes et de leurs proches.

« Les familles devraient avoir plus de droits que les criminels, avance M. Luce. Une famille ne devrait jamais se faire dire que le dossier de son proche est actif si aucun enquêteur n’y travaille. »

En outre, les deux organismes réclament la mise sur pied d’une ou de plusieurs escouades policières mixtes qui enquêteraient exclusivement sur les dossiers de disparitions et de crimes non résolus. On espère que la collaboration entre les différents services policiers permettra d’en arriver à de meilleurs résultats. « Si nous, on arrive à travailler ensemble, pourquoi les corps policiers ne parviennent-ils pas à faire de même ? » a demandé M. Luce. 

Un soutien bienvenu

Grâce à sa fondation, Sabin Champigny espère offrir le soutien dont lui et sa famille auraient eu besoin lors de la pire épreuve qu’ils ont dû traverser.

« Quand ça arrive, tu es laissé à toi-même. Tu ne vois pas comment tu peux t’en sortir », a rappelé la mère de Nathalie Champigny, Rose-Ange.

Plus d’un quart de siècle après la disparition de sa fille, la douleur est toujours vive. « Ça fait 26 ans, mais on ne l’a pas oubliée, loin de là. On espère toujours un dénouement », a affirmé Mme Champigny.