Isabelle Forcier, présidente du CA du Regroupement des organismes communautaires (ROC) de l’Estrie, et Claudelle Cyr, directrice, posent avec un jeu de cartes créé pour donner des idées et des défis aux organismes communautaires de la région.

Une fierté à se donner

SHERBROOKE — La fierté de s’impliquer. Voici le message qu’a voulu mettre de l’avant le Regroupement des organismes communautaires de l’Estrie (ROC) en organisant une soirée pour célébrer l’action communautaire mardi à La Capsule bistro à Sherbrooke.

« On souligne les bons coups des organismes communautaires et on est fiers de ce qu’on fait, mentionne Claudelle Cyr, directrice du ROC. On est souvent dans des contextes de lutte, maintenant on a le goût de célébrer. On est perçu de plus en plus comme des prestataires de services, mais il faut redonner une fierté au milieu ».

Un court-métrage sur les réalisations de la dernière année a été présenté aux nombreux membres d’organismes présents sur place. L’action communautaire en Estrie représente environ 2000 emplois et 9000 bénévoles. C’est un peu plus de 250 organismes qui desservent le territoire. Si le nombre de gens qui s’impliquent reste stable, c’est surtout le nombre de personnes à aider qui ne cesse d’augmenter.

« On voit maintenant des jeunes familles venir nous voir, explique Mme Cyr. On ne voyait pas ça il y a quelques années. Les travailleurs au salaire minimum ont aussi de plus en plus de misère à arriver et viennent cogner à la porte des banques alimentaires. Depuis 2010, on voit une augmentation importante. »

Cette réalité, jumelée à une diminution de services dans le réseau de la santé, met une pression importante sur le milieu communautaire selon Mme Cyr.

« Certains organismes doivent avoir des listes d’attentes. On n’en avait pas avant. »

Dans ce contexte, Mme Cyr a tenu à lancer mardi une invitation aux gens de s’impliquer dans la communauté.

« Impliquez-vous et venez travailler avec nous, c’est le fun. C’est un espace démocratique. Les bénévoles participent aux conseils d’administration et aux comités de travail. On est dans les derniers bastions de la démocratie et on donne la parole à ceux qui ne l’ont pas toujours. »

Mme Cyr signale aussi que le financement est plus difficile que jamais à obtenir pour les organismes communautaires.

« La Coalition avenir Québec a promis de mieux soutenir les organismes et de diminuer les démarches administratives. On espère que les bottines vont suivre les babines. »

Au conseil municipal de Waterville

L’initiative qui a retenu l’attention lors de la soirée est celle de la Maison des jeunes de Waterville qui a accompagné des jeunes qui ont fait une demande au conseil municipal pour avoir un espace légal pour faire des graffitis.

« On avait des jeunes qui aimaient en faire et on sait que parfois dans l’opinion publique, c’est mal vu, explique Maxime Oschwald, animateur. On a donc fait des démarches pour les sensibiliser à toutes les étapes à faire pour un projet comme celui-là. Ils ont dû parler devant les élus, s’affirmer et défendre leur position. »

Le projet a été accepté et une murale a déjà été peinte au parc Bellevue.