Nicolas Duchesneau, Annie Poulin et leurs filles Mathilde et Béatrice sont sans eau courante à leur résidence de Saint-François-Xavier-de-Brompton depuis près de trois semaines, à la suite de travaux municipaux.

Une famille à court d’eau et de ressources

Une famille de Saint-François-Xavier-de-Brompton est privée d’eau depuis trois semaines, à la suite de travaux municipaux qui ont asséché son puits de surface. Le niveau d’inquiétude dans la maison croît, alors qu’aucune aide ou réponse concrète n’a été encore apportée.

Annie Poulin et son conjoint, Nicolas Duchesneau, ne savent plus vers qui se tourner. « Je suis saturée de faire des démarches et de me faire dire d’attendre » a partagé Mme Poulin à La Tribune, alors que leur dossier est toujours légalement analysé par la municipalité.

Le soir du 18 mai, à leur retour du travail, ils ont constaté que leur maison n’était plus alimentée en eau. Ils ont tout de suite contacté le conseiller Alexandre Roy, qui a pris connaissance de leur situation.

Tous ont rapidement fait le lien avec les travaux qui s’effectuaient dans la portion de rue devant leur résidence, afin d’y changer les égouts pluviaux.

Le 23 mai, n’ayant constaté aucune avancée, les résidents ont contacté la directrice générale de la municipalité, Sylvie Champagne. Cette dernière leur a demandé de rédiger une lettre expliquant le problème auquel ils étaient confrontés, ce qu’ils ont fait.

Le professionnel Sylvain Bernier, propriétaire des Eaux Sylvain Bernier, lie directement l’assèchement du puits de surface aux travaux effectués.

« La veine d’eau venait d’en dessous du chemin, où ils ont fait l’excavation. En creusant, ils l’ont coupée. En terminant, ils ont remis des matériaux différents, qui causent maintenant le déplacement de l’alimentation en eau », explique M. Bernier, affirmant que le puits demeurera sans eau, à moins de nouveaux travaux ne soient faits.

Parents de deux jeunes filles, M. Duchesneau et Mme Poulin ont dû bouleverser leur routine familiale. Un généreux voisin les alimente en eau à raison d’une heure par jour, alors que la mère de Mme Poulin les accueille les week-ends pour qu’ils puissent faire leur lessive.

« On essaie que les filles ne s’en rendent pas trop compte, pour ne pas les insécuriser », dit Mme Poulin.

À qui le blâme?

Selon les informations que le couple a reçues du conseiller Alexandre Roy, la première réponse de la Ville aurait été de rejeter la faute sur l’entrepreneur ayant effectué les travaux, TGC inc. Une communication écrite aurait été transmise à l’entreprise à cet effet.

« On est entrepreneur général et on exécute notre travail selon les plans et devis qui nous sont donnés. Ce sont des dossiers qui regardent la municipalité et ses citoyens » a commenté à ce sujet Étienne Lacombe, chargé de projet chez TGC inc.

Plus tard, au conseil de ville du 4 juin, M. Duchesneau et Mme Poulin se sont étonnés de voir le blâme rebondir dans leur camp.

« Ce qu’on nous dit, c’est qu’on aurait dû faire évaluer notre puits par un expert avant les travaux », explique le couple, qui avait pourtant préalablement mesuré la pression et la profondeur du puits pour constater que tout était dans l’ordre.

La consigne de vérifier les puits aurait été verbalisée à un conseil municipal auquel ils n’ont pas pu assister, mais elle n’aurait été communiquée d’aucune autre façon aux citoyens, soutient Mme Poulin.

« Ce qui fait beaucoup partie de la problématique, c’est qu’il y a une non-communication des informations », souligne-t-elle à propos de l’ensemble des travaux, qui sont toujours en cours dans leur quartier.

Pendant ce temps, la famille est toujours sans eau. « Aucune aide avec des actions concrètes ne nous a été amenée, déplore Annie Poulin. Aucune action temporaire pour nous aider n’a été apportée depuis le 18 mai. La Ville nous tient pour responsable de la problématique, alors que nous n’avions aucun problème d’eau avant le début des travaux. »

Afin de retrouver accès à l’eau, la famille devra creuser un puits artésien, pour lequel elle devra débourser entre 7000 $ et 9000 $, si on refuse de la dédommager.

« On se sent victimes là-dedans, on se sent pris, comme David contre Goliath, confie Mme Poulin. On a encore espoir de la bonne volonté des gens, mais ça ne semble pas être tout le monde qui souhaite nous aider. »