Un piège à insectes a été installé dans le Parc des érables près de la Scierie GVL à Wotton.
Un piège à insectes a été installé dans le Parc des érables près de la Scierie GVL à Wotton.

Une étude sur la flétrissure du chêne à Wotton

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
WOTTON — Un piège à insectes a été installé dans le Parc des érables près de la Scierie GVL à Wotton par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec pour s’assurer que la flétrissure du chêne ne fasse pas son entrée au Canada.

« Étant donné qu’on a une scierie et qu’il y a beaucoup de bois qui arrive des États-Unis, ils nous ont demandé s’ils pouvaient installer un piège et on n’a aucune problématique avec ça », explique Julie Brousseau, directrice générale de la municipalité.

Le flétrissement du chêne est dû au champignon Bretziella fagacearum qui se développe sur la partie externe de l’aubier. L’arbre infecté réagit en produisant des thylles et des gommes qui obstruent ensuite la circulation de la sève dans les tissus vasculaires atteints. L’arbre flétrit, puis meurt.

La flétrissure du chêne n’est pas présente au Canada pour le moment, mais fait des ravages aux États-Unis.

« C’est la plus grosse maladie qui affecte les chênes d’Amérique du Nord, explique Anouar Mestari, spécialiste aux opérations des végétaux au Québec et porte-parole de l’Agence canadienne de l’inspection des aliments (ACIA). Quand les symptômes apparaissent, l’arbre peut mourir en moins d’un an. »

Le Parc des érables de Wotton ne contient que très peu de chênes, mais le champignon peut être présent sur les insectes. Les représentants du ministère vont venir les récolter aux deux semaines et la Ville devrait avoir les résultats cet automne.

Les importateurs à l’œil

La situation au Québec peut rapidement devenir préoccupante, car l’industrie du bois importe beaucoup de billes de chêne des États-Unis pour en faire la transformation.

« On demande aux importateurs d’avoir soit un certificat sanitaire qui dit que les billes proviennent d’une zone qui n’est pas infestée ou qu’elles ont été traitées avant d’être importé ou d’avoir mis en place un plan de contrôle préventif. »

L’ACIA demande aux importateurs de chêne que les billes soient inspectées visuellement par les mesureurs, qu’il y ait un plan de surveillance autour du bâtiment et que les employés suivent une formation obligatoire pour être en mesure de reconnaître les symptômes de la maladie. Les importateurs reçoivent la visite d’un inspecteur deux fois par année.

« Ça fait 20 ans qu’on importe et ça fait 20 ans qu’on n’a pas trouvé la maladie donc on peut dire que nos mesures fonctionnent, mentionne M. Mestari. On sait très bien que le risque zéro n’existe pas. »

La situation au Québec peut rapidement devenir préoccupante, car l’industrie du bois, dont la Scierie GVL de Wotton fait partie, importe beaucoup de billes de chêne des États-Unis pour en faire la transformation.

Plusieurs symptômes

Le jaunissement des feuilles de la marge vers le centre, la chute des feuilles, la production de spores et la présence de fissures dans l’écorce sont les symptômes visibles d’un chêne affecté par la flétrissure. La maladie se transmet d’arbre en arbre par le système racinaire.

L’abattage de l’arbre infecté reste la meilleure solution pour tenter d’éviter que la maladie se propage. Lorsque la maladie a infecté une zone complète, on creuse des tranchées pour couper le système racinaire pour éviter la propagation. 

Bien qu’il ne se compare pas en nombre au frêne ou à l’érable, le chêne est bien présent au Canada et au Québec.

« Il y a un banc forestier à base de chêne en Outaouais en plus des chênes publics que l’on retrouve dans les rues et les parcs, souligne M. Mestari. C’est un arbre qui est noble. »

Une poussée de la maladie vers le nord pourrait avoir de graves conséquences économiques pour le pays.

« En Ontario, il y a des sites très près des lignes américaines et ils ont fait des études, résume M. Mestari. On parle de quelques millions de $ si ça entre chez eux. »