Une cinquantaine d’enfants estriens doivent chaque année quitter leurs parents biologiques qui sont incapables d’en prendre soin convenablement.

Une cinquantaine d'enfants pourraient être adoptés chaque année en Estrie

Une cinquantaine d’enfants de la région sont placés chaque année dans des familles d’accueil de type banque mixte, c’est-à-dire dans des familles qui souhaitent adopter ces enfants généralement âgés de moins de trois ans. Or pour stabiliser ces enfants durement éprouvés dès leur gestation, une famille d’accueil doit être prête à lui ouvrir ses bras bienveillants dans les meilleurs délais.

« Ces enfants ont besoin d’intégrer rapidement une famille dont l’objectif est de les adopter », explique Manon Marcotte, chef de service à l’adoption à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

C’est pourquoi le service d’adoption de la DPJ organise le 19 janvier une rencontre d’information s’adressant exclusivement aux familles de l’Estrie et des territoires de la Haute-Yamaska et de La Pommeraie désirant accueillir un enfant qu’ils pourraient adopter à la fin du processus.

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Mais qui sont donc ces enfants de notre région qui recherchent une famille ?

« Ce sont des enfants qui, même lorsqu’ils sont bébés, ont déjà connu au moins une rupture importante, celle avec leur mère biologique. Certains vivent avec les conséquences de la consommation de drogue ou d’alcool de leur mère durant la grossesse. Certains de ces enfants ont ou auront de grandes difficultés », ajoute Mme Marcotte.

Et qui sont les parents qui adopteront ces petits enfants en mal d’amour et de stabilité ?

« Ça prend des gens stables émotivement et financièrement. Ce sont des gens solides qui auront des capacités exceptionnelles comme celle d’accepter l’autre de façon inconditionnelle et une grande capacité d’adaptation.

« Parce que l’enfant n’arrive pas seul : il arrive aussi avec le système, avec ses parents biologiques qui ont encore des droits, avec les professionnels qui l’entourent et aussi avec tout le processus judiciaire », ajoute la chef de service.

Plus facile d’adopter au Québec

Dans l’esprit populaire, il est encore très difficile pour les parents québécois d’adopter des enfants qui sont nés à quelques rues de chez eux et plusieurs se tournent encore vers l’étranger pour fonder leur famille. Or les choses ont beaucoup changé au cours des dix dernières années dans la Belle Province.

« La loi 113 a été révisée au Québec en 2007 et les délais prescrits par la loi pour permettre aux parents de se reprendre en main sont maintenant plus courts et déterminés par le juge : ils ont six, douze ou dix-huit mois dans certains cas. Le yo-yo, c’est terminé. L’idée était d’arrêter que les enfants se promènent sans arrêt entre leur famille biologique et les familles d’accueil comme c’était le cas avant », explique Manon Marcotte.

Les familles qui s’inscrivent à la banque mixte vivront un long et rigoureux processus de sélection. Au service des adoptions, on ne traite pas les dossiers au rythme où ils rentrent, mais bien en fonction des besoins et des enfants qui sont en attente ou qui le seront bientôt. « Prenons un exemple. Si je sais qu’on aura bientôt un enfant issu d’un milieu anglophone à placer, c’est certain que nous allons traiter nos familles d’accueil anglophones en premier afin de trouver le bon milieu pour cet enfant. Après leur accréditation, certaines familles auront un enfant dans les bras dès le lendemain matin. D’autres devront attendre quelques mois. Nous avons avantage à tout mettre en place pour jumeler le bon enfant à la bonne famille qui est prête à l’accueillir comme il est », ajoute Manon Marcotte.

Pour l’instant sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, aucun enfant n’est en attente d’être logé dans une famille qui serait prête à l’adopter. Mais la situation pourrait changer rapidement. « Nous voulons avoir le plus de familles accréditées possible dans nos banques pour pouvoir répondre aux besoins de tous les enfants, avec la bonne famille pour eux, le plus vite possible », ajoute Mme Marcotte.

Comme première étape de leur démarche, les familles intéressées doivent assister à la rencontre d’information qui se tiendra à Sherbrooke le vendredi 19 janvier de 9 h à 12 h. La rencontre est ouverte aux personnes seules ainsi qu’aux couples hétérosexuels ou homosexuels.

Les personnes intéressées doivent s’inscrire avant le 15 janvier auprès de Mélanie Dessaint au 819 822-2728 ou 1 800 463-5769, poste 52424.