La directrice du Parc national du Mont-Mégantic Nathaël Bergeron, le maire de Weedon Richard Tanguay, le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François Dominic Provost et Lise Got ont fièrement annoncé le lancement de la campagne de sensibilisation « On préserve la réserve » mercredi à Cookshire-Eaton.

Une campagne pour sauver les étoiles de la pollution lumineuse

La MRC du Haut-Saint-François lance sa campagne de sensibilisation « On préserve la réserve » dans le but d’encourager la population de son territoire à rendre conforme leur éclairage extérieur, limitant ainsi la pollution lumineuse nuisible à la Réserve internationale du ciel étoilé du Mont-Mégantic.

La campagne vise d’abord à faire réaliser aux habitants de la MRC qu’ils ont la chance de vivre dans une Réserve internationale de ciel étoilé, une des 12 existantes à l’échelle de la planète, pour ensuite les conseiller dans le choix de leur éclairage résidentiel et commercial afin de préserver la noirceur tant désirée.

« On veut sensibiliser la population pour s’assurer que les règles sont respectées, explique Lise Got quant aux buts de la nouvelle campagne qu’elle a organisée. On a remarqué que les règles étaient compliquées, ce qui fait en sorte que les citoyens ont de la misère à les appliquer. C’est pourquoi nous avons monté un dépliant informant de manière claire nos citoyens sur les types de lampes et de lampadaires à utiliser. On a même inclus une liste des luminaires extérieurs à vendre dans les quincailleries du coin qui sont conformes aux règlements. »

Il y a deux caractéristiques majeures à éviter, selon Mme Got. « Les deux points de repère qu’on donne aux gens sont les suivants : évitez les ampoules blanches et les luminaires qui éclairent vers le ciel. Prenez des ampoules jaunes ou ambrées, ainsi qu’un luminaire à l’horizontale qui éclaire vers le bas seulement. »

« C’est important de faire réaliser aux gens que les lumières qu’ils ont sur leur maison, leur ferme ou leur entreprise ont un impact sur la noirceur du ciel. Ça peut paraître anodin, mais une seule lumière puissante peut faire la différence. On croit que la sensibilisation jumelée à la présentation d’informations facile à comprendre est le meilleur moyen d’intéresser les gens à conformer leur éclairage extérieur », ajoute-t-elle.

Beauté et santé

Le fléau de la pollution lumineuse se propage dans le monde avec la prolifération des grands centres urbains, alors qu’on estime que 99 % des Canadiens vivent sous un ciel « pollué ». En plus de manquer un spectacle magistral chaque soir, cette exposition à la lumière peut avoir des effets néfastes sur la santé, prévient le responsable de l’éducation au Parc national de Mont-Mégantic Sébastien Giguère.

« Admirer le ciel étoilé est une des plus vieilles activités de l’humanité, ça a inspiré des tonnes de personnes au fil du temps, philosophe-t-il. La grande majorité des jeunes de nos jours n’ont jamais vécu l’expérience de poser leurs yeux sur un ciel complètement étoilé, avec ses constellations et toutes ses subtilités. La menace est bel et bien réelle, alors que Toronto a perdu son observatoire il y a quelques années à la suite de la hausse en flèche de la pollution lumineuse. On ne veut pas que ça arrive ici. »

Professeur de physique au Cégep de Sherbrooke, Martin Aubé a travaillé sur une étude internationale démontrant des liens entre la lumière bleue et le cancer plus tôt cette année, ce qui donne une motivation supplémentaire aux organisateurs de la campagne « On préserve la réserve ».

« On connaît déjà l’impact négatif que peut avoir la pollution lumineuse sur notre qualité de vie, sur le tourisme ainsi que sur l’industrie du développement scientifique, poursuit Mme Got. Ce sont toutes des richesses pour notre région. Maintenant qu’on commence à faire des liens entre les cancers du sein et de la prostate et l’exposition à la lumière bleue, qui est présente dans bien des lampadaires et luminaires, on a une raison de plus de se battre pour la cause. »

« Même les biologistes ont des inquiétudes. La noirceur du ciel est un facteur d’attraction pour notre région et nous allons tout faire pour ne pas le perdre », conclut-elle.