Serge Beaudette a trouvé un nouvel emplacement pour installer sa minimaison. Le propriétaire du camping La Vallée heureuse du mont Élan d’East Angus l’a invité à venir s’établir après avoir eu vent de sa situation dans les médias.

Un tipi aussitôt démonté, aussitôt rebâti

Serge Beaudette n’aura pas erré longtemps. Au lendemain de l’entrée en vigueur de son avis d’éviction de la municipalité de Waterville, il a pu assembler sa minimaison en forme de tipi dans un camping d’East Angus, qui l’a accueilli à bras ouverts.

C’est avec le sourire aux lèvres que Serge Beaudette assemblait son tipi minimaison sur un lot en bord de ruisseau au camping La Vallée heureuse du mont Élan, à East Angus. Le propriétaire du site a contacté M. Beaudette après avoir eu vent du litige avec la municipalité de Waterville, qui lui avait ordonné de démonter son tipi, car il contrevenait à plusieurs règlements municipaux.

« Quand j’ai vu ça aux nouvelles, j’ai tout de suite trouvé que ça allait bien avec le camping. Il y a toutes sortes de yourtes et de cabanes ici, on veut que des saisonniers viennent s’installer. On voulait l’aider dans son projet, il était venu camper ici par le passé », raconte le propriétaire du camping Nil Lévesque, invitant les gens ayant une habitation semblable à venir s’y installer.

M. Beaudette, qui s’affairait à remettre son tipi en ordre lors de la visite de La Tribune, est très content de la tournure qu’a prise son histoire. Il a démantelé son tipi mercredi, qui était sur un terrain du chemin Broadhurst, en compagnie de 15 amis et membres de sa famille. La tâche a pris 13 heures à accomplir.

« J’étais très content et touché quand Nil m’a approché pour venir monter mon tipi ici », se rappelle Serge Beaudette. « Ça m’aurait brisé le cœur d’aller la remiser dans un garage! J’ai un très bel emplacement en pleine forêt, je suis bien chanceux. »

Légers compromis
M. Beaudette a dû faire quelques compromis pour installer son tipi à cet endroit, l’environnement ne permettant pas certaines constructions pour emmagasiner les ressources en eau et en nourriture.

« J’ai dû faire quelques modifications à la minimaison depuis que je suis ici. Le sol est rocheux, donc je ne peux pas creuser pour installer mon réservoir d’eau de pluie et ma cave froide sous le niveau de congélation », explique-t-il.

L’installation a toujours une empreinte minimale sur son environnement, ce qui demeure la priorité de M. Beaudette.

« Je vais devoir installer un petit réfrigérateur écoénergétique pour ma nourriture et utiliser le bâtiment de service pour tout ce qui nécessite de l’eau », poursuit l’amoureux de la simplicité volontaire.

Temporaire
Même s’il a trouvé un véritable havre de paix au camping La Vallée Heureuse du mont Élan, Serge Beaudette chérit toujours son rêve d’autosuffisance complète. Son scénario idéal serait d’être propriétaire d’un terrain qu’il pourrait cultiver.

« Je m’installe ici temporairement, mais j’aime dire que temporaire n’a pas de date d’expiration! », s’amuse-t-il. « Je continue d’espérer que je vais recevoir une offre d’une municipalité pour acheter un terrain et y installer ma minimaison. Je veux avoir mon jardin et être en mesure de produire ma propre nourriture. »

Le code du bâtiment ne s’applique pas aux campings, ce qui a permis à M. Beaudette d’y installer son tipi en toute légalité. Il devra payer le tarif saisonnier comme tous les autres campeurs.

« J’ai trouvé le bonheur et j’ai temporairement retrouvé une certaine tranquillité d’esprit. Je suis content de la tournure des évènements », conclut l’homme, qui donnera une conférence au Festival des mini-maisons du Québec dimanche à 11 h, à Montréal.