Le sort du renard que Lise Kelly a vu chez elle sera probablement conféré à la nature, puisque les agents de la faune se déplacent rarement pour capturer un animal lorsqu’il n’y a pas de danger pour la sécurité de la population.
Le sort du renard que Lise Kelly a vu chez elle sera probablement conféré à la nature, puisque les agents de la faune se déplacent rarement pour capturer un animal lorsqu’il n’y a pas de danger pour la sécurité de la population.

Un renard atteint de la gale sarcoptique observé à Sutton

Une Suttonnaise n’en a pas cru ses yeux lorsqu’elle a aperçu un renard mal en point sur son terrain, dans le Domaine du Mont Louis. «Je me demandais c’était quel animal. Il avait le visage ravagé, il était amaigri et avait une queue de rat. C’était morbide», raconte Lise Kelly. Ce qu’elle ignorait avant de s’entretenir avec la protection de la faune, c’est qu’il était atteint de la gale sarcoptique, une maladie de peau plutôt commune chez ce canidé sauvage.

Les animaux sauvages comme les chevreuils, les ratons laveurs ou encore les coyotes sont plus à risque d’être infectés par cette maladie. Des acariens se logent en dessous de leur poil, faisant en sorte d’affaiblir leur système immunitaire et de ravager leur fourrure.

«Ça devient démangeant pour l’animal» relève Anne-Marie Demers, propriétaire du Refuge Lobadanaki. Cette dernière a été contactée par Mme Kelly et un autre citoyen qui lui ont fait part de la situation.

Évidemment, capturer un renard est très laborieux, puisqu’il est craintif et rusé. «Quand le système immunitaire est affaibli, c’est là qu’on réussit à les attraper soit avec un filet ou une couverture», explique Mme Demers.

Celle-ci affirme que cette maladie se traite bien avec un mélange d’huiles essentielles qu’il faut appliquer sur les lésions. «En six jours de traitement, la gale est partie. Mais c’est la repousse du poil qui est plus long. On s’assure aussi de les vermifuger avant la relâche en nature», détaille-t-elle.

En raison de la mauvaise condition physique du renard atteint, plusieurs ont tendance à croire qu’il a aussi la rage. «Ce n’est pas une conséquence de la maladie», assure Mme Demers.

Lise Kelly a contacté la protection de la faune qui lui a expliqué qu’il était peu probable que le renard qu’elle a croisé deux jours de suite sur son terrain ait la rage.

«Une fois qu’il l’attrape, c’est fulgurant et il meurt rapidement. Moi, il marchait encore sur ses pattes. Mais avec la rage, les jambes paralysent et ils ne peuvent plus marcher», rapporte la dame.

Lise Kelly a contacté la protection de la faune qui lui a expliqué qu’il était peu probable que le renard qu’elle a croisé deux jours de suite sur son terrain ait la rage.

Pas dangereux pour les humains

Heureusement, cette maladie n’est pas dangereuse pour les humains, mais elle peut s’attaquer aux animaux de compagnie, si ceux-ci sont en contact direct avec l’animal atteint.

«Les acariens peuvent venir sur nous, mais ça ne reste pas. Ça a besoin de chaleur et de fourrure pour vivre», souligne la propriétaire du Refuge Lobadanaki.

Le sort du renard que Mme Kelly a vu chez elle sera probablement conféré à la nature, puisque les agents de la faune se déplacent rarement pour capturer un animal lorsqu’il n’y a pas de danger pour la sécurité de la population. Leurs interventions concernent surtout les animaux qui ont été braconnés.

La protection de la faune est toutefois au courant que beaucoup de renards, particulièrement au sud du Québec, souffrent de la gale.

«On ne peut pas commencer à vacciner ces animaux-là parce qu’il y a des lieux de contagion partout. Même s’il quitte son terrier et qu’on le traite, il se contaminera à nouveau. Il est en quelque sorte voué à l’avoir, mais il y en a qui s’en sortent», explique Catherine Ippersiel, relationniste de presse pour le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.