Un record de touladis récupérés

L'Opération Récupération de touladis annuelle du ministère de la Faune a permis de récupérer un nombre record de près de 1000 poissons cette fois-ci à l'embouchure de la rivière Chaudière à Lac-Mégantic.
C'est plus du double des années précédentes à cet endroit, et bien davantage que les 218 truites récupérées dans une opération semblable au lac Massawippi et les 287 du lac Brompton.
L'opération s'est tenue le 18 novembre dernier au barrage du centre-ville de Lac-Mégantic, exactement où le lac Mégantic donne naissance à la rivière Chaudière. Les biologistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont été aidés par les autorités de l'Assocation de chasse et pêche du lac Mégantic et par plusieurs bénévoles.
Ils ont permis de sauver 1000 truites grises, géniteurs mâles et femelles qui, à la suite de leur période de fraye, se retrouvent à la rivière après la ponte et la fécondation des oeufs.
« La truite grise, ou touladi, est un poisson d'eau froide, qui a besoin de la profondeur du lac durant l'été pour vivre. Ce n'est pas un poisson de rivière, où il est condamné à mourir, car il n'y a pas assez épais d'eau. Les touladis ont besoin de retourner au lac, ce que le barrage ne leur permet pas », explique le biologiste responsable de la Faune aquatique au MFFPQ, Sylvain Roy.
« Il y a pourtant une passe migratoire fonctionnelle, aménagée à ce barrage, mais pas très utilisée par les poissons. Nous avons demandé au Centre d'expertise hydrique du Québec (CEHQ) une presque fermeture des vannes du barrage pour faciliter cette opération. Plusieurs espèces de truites sont ainsi récupérées, des truites grises, des truites brunes, des arcs-en-ciel, des ouananiches... », énumère M. Roy.
« Nous effectuons des suivis de population sur le lac Mégantic, durant l'été, avec des filets, des pêches expérimentales. Sur le lac Memphrémagog aussi, où nous avons documenté l'apparition du baret ou perche blanche, un nouveau phénomène, car ce n'est pas une espèce habituelle pour ce plan d'eau », ajoute M. Roy.
Pour sa part, le vice-président de l'ACPLM, Pierre Grenier, un passionné de la pêche et de la nature, y participait cette année pour une 26e saison.
« Après la fraye, les géniteurs mâles et femelles se laissent porter par le courant, car ils sont très fatigués. Le barrage les amène à la rivière. Il y a des poissons âgés de 15 à 20 ans. La valeur des poissons récupérés peut aller entre 50 et 60 000 $ et même plus. Notre association apporte son aide aux biologistes, car avec les coupes de budgets, le personnel est réduit... Même les dépenses de camion pour transférer les truites au lac, assez loin pour qu'ils ne reviennent pas dans la rivière, ont parfois été à nos frais », révèle M. Grenier.
« Cette opération touche beaucoup la cause des pêcheurs, car c'est important pour eux de garder notre lac en santé. C'est une opération réussie, mais nous sommes tristes cependant qu'autant de poissons soient récupérés. Le barrage n'est pas du tout adapté à la faune », conclut Pierre Grenier.