Le promoteur immobilier William Belval
Le promoteur immobilier William Belval

Un promoteur immobilier proteste à Orford

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Un promoteur qui désire aller de l’avant avec un projet immobilier de près de 20 maisons, à Orford, craint de devoir revoir ses ambitions à la baisse en raison de la création d’un corridor faunique, un outil d’aménagement du territoire servant à faciliter la libre circulation de la faune.

Le projet de William Belval, qui remonte à 2017, doit voir le jour dans le secteur du chemin de la Concession. Le promoteur prévoyait à l’origine la construction de 18 maisons, soit 12 jumelées et 6 unifamiliales, sur des terrains de 5000 mètres carrés chacun. Il affirme avoir dépensé 60 000 $ en plans et en études réalisés par des professionnels pour accoucher d’un projet qui plairait au milieu.

« Selon les informations qu’on m’a fournies, on pourrait me demander de me limiter à cinq unités d’habitation seulement. C’est tout ce qui rentrerait sur le terrain que je possède à cet endroit en raison du nouveau corridor faunique », déplore M. Belval.

William Belval est d’autant plus déçu de la tournure des événements qu’il aurait reçu des encouragements de la part du Canton d’Orford à quelques reprises depuis qu’il a fait part de ses plans à la Municipalité. « On m’a dit que j’avais un beau projet. Même l’hiver dernier, on pensait seulement me demander de petits changements cosmétiques », lance-t-il.

Dans la foulée, il se questionne sur la pertinence d’implanter une portion de corridor faunique sur son terrain, puisque le passage en question déboucherait dans une courbe sur le chemin Alfred-DesRochers. Il laisse ainsi entendre que le risque de collisions entre des animaux et des voitures augmenterait à cet endroit.

« On a l’impression qu’Orford ne veut pas de développement. Et, à un certain moment, ça finit par ressembler à une expropriation déguisée », se désole William Belval.

Puisqu’il sent peu d’enthousiasme chez les dirigeants du Canton d’Orford, M. Belval est prêt à réduire la taille de son projet et à ne construire qu’une douzaine de maisons. « On m’a dit que cette option serait étudiée », remarque-t-il.

« Je le comprends »

Mairesse d’Orford, Marie Boivin assure qu’elle « comprend William Belval. J’aimerais ça qu’il soit le moins impacté possible. Mais vous savez, à la fin, c’est l’ensemble des membres du conseil municipal qui décident. »

Mme Boivin note cependant que l’idée d’implanter un corridor faunique à cet endroit s’appuie sur une étude et des données. Et elle rappelle du même souffle que le parc national du Mont-Orford, un lieu de conservation de première importance, est situé tout près.

« C’est certain qu’un corridor faunique a un impact sur la densité d’un développement. Dans ce cas-ci, ça signifie que le projet de 2017 ne rentre plus sur le terrain du promoteur. On va malgré tout étudier tout ce qu’il nous a transmis avant de prendre une décision », explique la mairesse d’Orford.