Des investisseurs européens sont sur le point d’acquérir des terrains d’une superficie totale d’environ 80 hectares à la sortie 115 de l’autoroute 10, aux abords de la station Mont Orford et du parc national du même nom.

Un projet majeur près de la station Mont Orford?

Le développement de l’industrie touristique de la région de Magog constitue une des priorités du député d’Orford, Gilles Bélanger. Avant même d’être élu, il avait d’ailleurs élaboré un plan afin d’accroître le rayonnement des stations Mont Orford et Owl’s Head. Et il croit maintenant pouvoir mettre en œuvre sa vision grâce à de nouveaux investisseurs européens.

Les investisseurs en question sont sur le point d’acquérir des terrains d’une superficie totale d’environ 80 hectares à la sortie 115 de l’autoroute 10, aux abords de la station Mont Orford et du parc national du même nom. Si tout fonctionne comme prévu, ils deviendraient propriétaires de terrains appartenant présentement à l’homme d’affaires André L’Espérance ainsi que de l’Auberge du Mont-Orford.

Gilles Bélanger considère qu’un « projet de 200 à 250 millions $ » pourrait voir le jour à la sortie 115. On ignore cependant quels sont les plans exacts des nouveaux investisseurs, lesquels auraient néanmoins démontré de l’intérêt pour la vision du député d’Orford.

M. Bélanger préfère ne pas s’avancer quand on lui demande combien d’unités d’habitation additionnelles il serait possible de bâtir à cet endroit. Il souligne toutefois que le projet immobilier auquel il rêve s’intégrerait bien à l’environnement boisé et vallonneux du secteur.

« Mon but est d’amener un projet nature-aventure à cet endroit-là. Je ne souhaite pas qu’on copie Bromont, mais plutôt qu’on soit complémentaire. C’est certain qu’un tel projet attirerait des gens de Montréal, surtout que la construction du nouveau pont Champlain sera bientôt terminée. Des étrangers aussi viendraient. »

Pour arriver au résultat espéré, Gilles Bélanger souhaite également dénicher une entreprise bien établie qui serait en mesure de développer un produit d’hébergement attractif et « écoresponsable » en collaboration avec les nouveaux investisseurs. Il révèle d’ailleurs avoir eu des discussions avec la compagnie européenne Your Nature, qui s’intéresserait au secteur. « Ses dirigeants ont de l’intérêt à venir en Estrie », assure-t-il.

Sa vision

Ces dernières années, M. Bélanger a travaillé à dynamiser le secteur des technologies de l’information et des communications à Magog. Ses efforts ont donné de bons résultats et, en parallèle de ceux-ci, il a formé un groupe pour acheter puis relancer la station Owl’s Head. L’acquisition planifiée s’est matérialisée, mais il a quitté le groupe d’acquéreurs pour se lancer en politique provinciale.

Quand il avait publiquement fait connaître son intérêt pour Owl’s Head, l’ancien homme d’affaires avait rapidement lié le destin de cette montagne, située à Potton, à ceux du Mont Orford et du lac Memphrémagog.

« Je parlais au départ des Sommets Memphrémagog. L’idée, c’était qu’on développe autour des deux montagnes et du lac qui les sépare. J’ai fait ma part pour le développement d’Owl’s Head et je sais que ça va se faire. Il reste maintenant à m’impliquer pour qu’Orford poursuive son expansion », confie Gilles Bélanger.

Outre la sortie 115, le député d’Orford affirme que les terrains de l’entreprise Vertendre, à Eastman, constitueraient aussi un lieu tout indiqué pour concrétiser un projet immobilier d’envergure autour du parc national du Mont-Orford.

« Tout comme dans le cas de la sortie 115, ce serait possible de créer une chaise d’accommodement pour relier Vertendre à la station de ski. Les gens n’auraient donc pas à prendre leur voiture pour aller skier et se rendraient à la montagne en montant tout simplement à bord d’une remontée mécanique qui serait payée par des investisseurs privés. C’est le genre de chose qui est très recherché par les skieurs », déclare-t-il.

Possible

Agissant à titre de président de la Corporation ski et golf Mont-Orford, Jacques Demers n’est pas fermé à l’idée. Il reconnaît d’ailleurs que l’ajout de liens aériens entre la station Mont Orford et des projets immobiliers situés à proximité est une chose possible sur le plan légal.

« La loi adoptée par le gouvernement du Québec permet des discussions autour de cette question. Mais ce n’est pas un droit automatique. Rien n’est garanti, autrement dit. Et puis nous, à la montagne, est-ce qu’on voudrait de tels liens? » demande-t-il sans répondre à la question.

S’il fait preuve d’un enthousiasme modéré à l’égard de ce type de lien, Jacques Demers démontre par contre plus d’intérêt pour le projet de Gilles Bélanger de mettre sur pied une navette qui transporterait les skieurs vers la montagne à partir de différents lieux, hôtels, condominiums ou autres.

« Probablement qu’on aurait besoin de ça », admet-il.