Plus d’une centaine de citoyens, d’intervenants et d’élus se sont déplacés au grand froid vendredi matin pour entendre la confirmation qu’enfin une voie de contournement serait aménagée à Lac-Mégantic. Parmi eux on reconnait l’ex-mairesse de Lac-Mégantic Colette Roy Laroche, la députée-ministre de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau, le député-ministre de Mégantic-L’Érable Luc Berthold, le maire de Frontenac Gaby Gendron et la préfet de la MRC du Granit Marielle Fecteau.

Un projet incontournable pour Colette Roy Laroche

En cinq ans, l’ex-mairesse Colette Roy Laroche avoue avoir eu quelques doutes quant à la réalisation de cette voie de contournement ferroviaire du centre-ville de Lac-Mégantic.

«De courts moments, précise-t-elle, parce que je voyais ce projet-là comme une nécessité, un incontournable. J’avais la conviction que les gouvernements seraient sensibles à notre cause et qu’ils trouveraient les arguments pour justifier sa réalisation», a relaté la politicienne retraitée depuis novembre 2015, qui a agi comme un phare au plus fort de la tempête et qui a assisté à l’annonce de la réalisation de la voie de contournement avec une émotion bien sentie vendredi.

«Je suis très consciente que dans bien des endroits, les voies ferrées traversent encore les villes, reprend Mme Roy, mais ça été bien dit: à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Ce qui me réjouit le plus, c’est que ça va permettre aux gens qui sont encore très touchés par la tragédie de se rétablir et d’avoir espoir, un jour, de bien dormir et de cesser d’avoir peur. Pour moi, c’est la reconstruction des personnes d’abord.»

Interrogée sur le fait que le tracé semble raviver des tensions dans les communautés qu’il traverse, Mme Roy s’est montrée sensible à ces tiraillements qu’elle a qualifiés d’inévitables.

«Nos deux premiers ministres l’ont mentionné aujourd’hui, c’est évident quel que soit le tracé, il y aura toujours des gens touchés qui vont perdre un peu de leur terrain, de leur propriété, dit-elle. Il faut être sensible à ce que les gens vont perdre. En même temps, j’apprécie la solidarité qui s’est établie entre les maires de Frontenac, de Nantes et notre mairesse. Quoiqu’il arrive, ils ont convenu de continuer ensemble à trouver les meilleures solutions qui rallient le plus de gens possible et causent le moins de dommages possible. J’ai confiance.»

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CE QU'ILS ONT DIT

«Le premier ministre du Québec, le premier ministre du Canada et le ministre [des Transports Marc] Garneau ne me font pas de promesse mais sont prêts à regarder pour faire un tracé au nord de la route 161 qui affecterait moins mes citoyens [NDLR que le tracé retenu au sud de la 161]. En même temps, il faut essayer de le faire à moindres coûts et ne pas ajouter des sommes additionnelles énormes au montant annoncé aujourd’hui. Je pense que c’est possible. [...] Dans les prochains mois on va essayer de trouver un tracé qui sera acceptable.»

Jacques Breton, maire de Nantes

«C’est sûr que ça va faire du bien à une majorité de Méganticois et Méganticoises de ne plus voir passer le train sur une base régulière. Mais ce que je trouve le plus intéressant avec cette annonce, c’est le message qu’on lance à la communauté du Granit qu’on les considère, qu’on est à l’écoute et qu’on va aller de l’avant. Je pense que l’ensemble de la communauté a de quoi être fière. [...] La chose qu’il faut rappeler, maintenant, c’est que puisqu’une minorité va être moins satisfaite de la décision, il faudra éviter que la communauté se divise. Autant la voie de contournement est une bonne nouvelle pour la communauté, autant la cohésion compte parmi les autres facteurs qui favorisent la guérison.»

Mélissa Généreux, directrice de santé publique de l’Estrie