Le médecin-interniste et gériatre Guy Lacombe prononcera une conférence sur les nouveautés en matière de recherche sur l’Alzheimer.

Un premier colloque sur l’Alzheimer en Estrie

La Société Alzheimer de l’Estrie (SAE) tiendra mardi un tout premier colloque sur la maladie d’Alzheimer, qui se consacrera au personnel évoluant dans le domaine de la santé.

L’événement permettra aux professionnels de découvrir de nouvelles approches et d’être mieux outillés au quotidien dans leur travail avec les personnes atteintes de cette maladie. Plus de 150 professionnels de la santé en provenance de divers horizons, dont du milieu hospitalier et des centres de recherche, sont attendus au Club de golf Longchamp à Sherbrooke.  

Selon la Société Alzheimer Canada, la prévalence de cette maladie affectant la mémoire est en augmentation un peu partout sur la planète. « Même si la prévention et l’amélioration de la qualité de vie et des soins font qu’à un âge donné il y en a moins, par exemple il y en a moins à 75 ans qui ont la maladie qu’il y a 15 ans, par contre, comme les gens vivent beaucoup plus vieux, on en compte plus qu’avant. Avec le vieillissement de la population, il y a plus de cas de la maladie d’Alzheimer qui vont être constatés », remet en contexte le médecin-interniste et gériatre Guy Lacombe.

Dr Lacombe, également professeur à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, explique que le congrès vise à transmettre de l’information sur la prise en charge directe de la personne. L’équipe qui a préparé l’événement a fait un bilan des aspects qui étaient moins couverts et a constaté que les occasions de parler de la prise en charge des patients et des proches, et d’outiller les professionnels, étaient plus rares.

Carpe Diem

Le colloque mettra notamment l’accent sur l’expertise développée par la maison Carpe Diem de Trois-Rivières, avec une conférence de la fondatrice de cette maison, Nicole Poirier.

Nathalie Bier, ergothérapeute, s’intéressera aux nouvelles technologies afin d’améliorer le bien-être des personnes atteintes de cette maladie, et Dr Lacombe prononcera une conférence sur les nouveautés en matière de recherche sur la maladie d’Alzheimer. Il s’attardera notamment à l’importance de la prévention. 

« C’est facile de dire mangez pas trop, faites de l’exercice, mais c’est une autre affaire de prouver que c’est vraiment efficace. Et ça, maintenant, c’est clair : tout ce qui est préventif a une documentation extrêmement solide. C’est sûr que je vais revenir là-dessus, c’est là que l’avancée scientifique est la plus claire. »

Selon le bulletin Vision Santé publique, qui recense des données de 2014-2015, on estime que 7,6 % de la population âgée de 65 ans ou plus en Estrie serait atteinte d’Alzheimer, soit environ 7400 personnes. Ces données, qui concernent le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, incluent aussi les MRC de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska.

Une maladie encore souvent stigmatisée

Près d’un Canadien sur deux estime qu’il éprouverait un sentiment de honte ou d’embarras s’il était atteint de la maladie d’Alzheimer. Et près de deux Canadiens sur trois croient qu’ils auraient à faire face à une forme ou une autre de discrimination, advenant un tel diagnostic.

Dans le cadre du Mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, une enquête menée à la grandeur du Canada par la firme Léger indique que cette maladie suscite encore son lot de craintes et de préjugés parmi la population.

L’enquête menée en ligne auprès de 1500 personnes révèle en outre qu’un Canadien sur quatre estime que ses amis ou les membres de sa famille l’éviteraient s’il recevait un diagnostic d’Alzheimer. Mais plus encore, plus d’un répondant sur deux estime « probable » que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de trouble cognitif puissent être ignorées ou rejetées (58 %), être exploitées d’une manière ou d’une autre (57 %) ou éprouver des difficultés à évaluer les services ou les soutiens adéquats (56 %) liés à sa maladie.

Selon les résultats obtenus par cette enquête, 56 % des Canadiens se sont dits inquiets d’être touchés par la maladie d’Alzheimer. Parmi les préoccupations les plus importantes liées à la maladie on observe la crainte d’être un fardeau pour les autres, la perte d’indépendance et l’incapacité de reconnaître les membres de sa famille ainsi que ses amis.

Réactions négatives

Enfin, malgré les percées majeures effectuées sur le plan de la recherche, on dénote que trois Canadiens sur dix (30 %) admettent faire des blagues liées à l’Alzheimer.

Ces résultats ont été rendus publics par la Société Alzheimer de l’Estrie dans le cadre de sa campagne annuelle de sensibilisation, qui se déroule jusqu’à la fin janvier.

Cette année, la campagne vise à lutter contre la stigmatisation dont font l’objet les gens atteints de la maladie.

« Malgré une plus grande sensibilisation du public à l’égard de la maladie d’Alzheimer, la stigmatisation et les discriminations sont quelques-uns des obstacles les plus importants auxquels doivent faire face les personnes atteintes de troubles cognitifs et leurs familles. »

« Les réactions négatives émanant d’amis, de membres de la famille et de professionnels peuvent avoir un impact sur le bien-être de la personne ainsi que sur sa capacité à gérer les changements qu’entraîne l’Alzheimer », ajoute-t-on. Alain Goupil