Éric Delbaere et Alexandra Bachand ont cofondé la Grange du parfumeur, une entreprise située en bordure du chemin des Pères, à Magog.

Un parfum de campagne

Avec sa formation de parfumeuse, Alexandra Bachand aurait pu choisir de s’expatrier en France, où les opportunités sont plus nombreuses qu’au Québec pour les gens détenant son expertise. Elle a plutôt fait le pari, avec son conjoint Éric Delbaere, de démarrer une maison de « parfum signature » à Magog et d’ouvrir les portes de celle-ci au public. Une histoire d’amour... et de passion.

Dans sa jeunesse, Alexandra Bachand a vécu plusieurs années au Domaine Saint-Laurent, plus tard devenu le King’s Hall, à Compton. Elle garde de cette période de sa vie un souvenir impérissable. « C’était incroyable pour une enfant de se promener sur place tous les jours », dit la fille de Denis Bachand, l’ancien propriétaire du défunt établissement hôtelier.

Français d’origine, Éric Delbaere a connu sa conjointe des années après la fermeture du Domaine Saint-Laurent, un établissement qui se démarquait par son architecture de style Tudor. Mais il sait que ce lieu a marqué celle qu’il aime. « Sa fibre de parfumeur est née là, à Compton. Les odeurs de son enfance ne l’ont jamais quittée », affirme-t-il.

Un voyage en France vers l’âge de 30 ans a également beaucoup influencé le parcours de vie d’Alexandra Bachand, laquelle a œuvré comme artiste-peintre avant de réinventer sa vie. Au pays de Chanel et de Lancôme, elle découvre alors avec bonheur le métier de parfumeuse.

Les années suivantes, la Magogoise d’adoption a complété un diplôme de la Perfumery Art School, une école spécialisée en Angleterre, et suivi un stage auprès d’un maître-parfumeur en France.

Sa rencontre avec son conjoint remonte à 2005. Ce dernier est aussi issu de l’univers des arts puisqu’il a étudié en cinéma et qu’il a par surcroît travaillé à titre de photographe à l’époque à laquelle il résidait en sol français. Le couple a deux enfants.

Une nouvelle vie

Souhaitant « retourner à l’essentiel », le couple a fait le choix de s’établir à Magog, dans une résidence plus que centenaire, et de démarrer sa propre maison de parfum dans la vieille grange voisine de la demeure familiale, en bordure du pittoresque chemin des Pères.

Les gens qui débarquent à la Grange du parfumeur ont droit ni plus ni moins qu’à une immersion dans l’univers de la parfumerie. Les deux cofondateurs de l’entreprise accueillent les visiteurs et leur offrent une visite guidée permettant aux néophytes d’apprendre une multitude de choses reliées à la création de parfums.

« On a créé un modèle d’affaires qui n’existe pas ailleurs et plusieurs maisons de parfum nous regardent aller, dit Éric Delbaere. La façon dont on fonctionne favorise la création et les échanges authentiques avec la clientèle. »

Éric Delbaere ajoute que de nombreux visiteurs vivent des expériences uniques à la Grange du parfumeur. « Des gens se mettent à rêver, à replonger dans leurs souvenirs. Vous savez, dans le cerveau, les odeurs sont traitées au même endroit que les émotions. »

Alexandra Bachand le reconnaît sans difficulté : le démarrage de la Grange du parfumeur constituait un véritable pari. Mais la « créatrice passionnée » en elle ne pouvait s’empêcher de tenter le coup et, un peu plus d’une année après le décollage, elle affirme que le « pari a été tenu ».

« On sent un grand enthousiasme chez les gens qui viennent nous visiter, confie-t-elle. En ce qui concerne notre chiffre d’affaires, il est le double de celui qu’on avait prévu. Toutefois, on n’a pas l’intention de changer notre approche pour autant. On continue à mettre des efforts pour vraiment entrer en contact avec les gens, tout en gardant notre authenticité et en ayant une vraie démarche de création. »

Car, pour Alexandra Bachand, la création de parfums relève réellement de la démarche artistique. « Mon approche naturelle m’amène à me concentrer sur ma poésie, la forme et la création. Ça fait en sorte que, nécessairement, mes parfums sont artistiques. »