Christiane Auray-Blais est professeure à l’Université de Sherbrooke et chercheure au Centre de recherche du CHUS; elle est aussi devenue la directrice du tout nouveau Centre d’innovation Waters en spectrométrie de masse.

Un outil pour détecter et mieux comprendre plusieurs maladies

Le Centre de recherche du CHUS et l’Université de Sherbrooke accueillent le premier Centre d’innovation Waters en spectrométrie de masse au Canada. La recherche en spectrométrie de masse est un outil essentiel pour offrir des soins personnalisés aux patients dans une multitude de maladies touchant des nouveau-nés, des adultes et des aînés. La recherche qui s’y fera vise l’application et le transfert des connaissances vers la pratique clinique. La professeure et chercheure Christiane Auray-Blais sera la directrice de ce centre d’innovation.

Plusieurs centaines de patients bénéficient chaque année d’analyses en spectrométrie de masse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, notamment pour la détection d’une maladie, pour suivre les effets d’un traitement ou suivre le dosage d’une vitamine ou d’un immunosuppresseur.

Mais qu’est-ce que la spectrométrie de masse? C’est un outil d’analyse qui permet de détecter de façon précoce certaines maladies génétiques rares, entre autres exemples. Grâce à la recherche, il est aussi possible d’analyser des liquides biologiques pour découvrir de nouveaux biomarqueurs, qui sont des indicateurs de changements et d’assurer une médecine de précision pour chaque patient. Les maladies ciblées sont très nombreuses, mais comprennent entre autres des maladies métaboliques héréditaires chez les nouveau-nés et d’autres maladies comme le Parkinson et le diabète. 

La maladie de Fabry, la maladie de Gaucher, le syndrome du triple H font partie des maladies qu’il est possible de mieux détecter et donc de mieux soigner grâce à la spectrométrie de masse. Aussi, la recherche avec le spectromètre de masse permettra de faire avancer la science sur plusieurs autres maladies, comme la maladie de Parkinson.

L’entente avec Waters permet au Centre de recherche du CHUS de se procurer l’équipement à une fraction de son coût sur le marché. « L’argent pour la recherche est extrêmement difficile à obtenir au Canada. Quand on sait qu’un spectromètre de masse coûte entre 300 000 $ et 1 M$, sans compter l’équipement dont a besoin tous les jours pour les analyses, cette entente a un impact significatif. Ça nous permet de faire durer l’argent de la recherche beaucoup plus longtemps », se réjouit Mme Auray-Blais. La compagnie américaine assumera aussi d’autres frais reliés à la recherche et à la formation continue du personnel et des étudiants qui travaillent au laboratoire de Mme Auray-Blais.

Le laboratoire de la chercheuse a pratiquement doublé de superficie. On y compte maintenant six spectromètres de masse plutôt que deux auparavant.

Une longue expertise

Ce n’est pas d’hier que le Centre de recherche du CHUS et l’Université de Sherbrooke se distinguent au Québec en matière de recherche avec la spectrométrie de masse.

En effet, c’est en 2005 qu’un premier spectromètre de masse est arrivé à l’Hôpital Fleurimont. Christiane Auray-Blais savait que c’était le moment ou jamais pour commencer la recherche grâce à cette nouvelle technologie. « J’avais rencontré Patricia Gauthier (aujourd’hui présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS) pour lui dire qu’il fallait embarquer pendant que le train passait. Elle m’a soutenue là-dedans; elle a été visionnaire. Nous avions réussi à acheter notre premier spectromètre de masse grâce à la Fondation du CHUS et à la compagnie Waters, qui avait attendu un an pour être payée parce qu’on n’avait pas l’argent pour les payer tout de suite », se souvient, amusée, la chercheure Christiane Auray-Blais.