Le Grand rassemblement des familles agricoles de l’Estrie s’est tenu dimanche à Windsor. Près de 400 personnes étaient présentes. Sur la photo, François Bourassa, président de l’UPA-Estrie, Line Martel Bégin, vice-présidente de la Fédération régionale et Michel Brien, vice-président du syndicat local.

Un moment de répit pour les familles agricoles

Afin d’offrir aux familles agricoles une occasion de socialiser entre elles et de contrer l’isolement, la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de l’Estrie les invitait au deuxième Grand rassemblement des familles agricoles de l’Estrie. Cette année, l’évènement avait lieu au Centre J.A. Lemay de Windsor.

Organisée tous les trois ans, cette réunion se veut aussi familiale que possible. « C’est effectivement comme une réunion familiale. Il y a de l’animation, mais l’important c’est que les familles aient l’occasion d’échanger avec d’autres familles vivant des situations similaires », explique Line Martel Bégin, productrice laitière, vice-présidente de la Fédération régionale, responsable du comité organisateur du rassemblement.

Près de 400 personnes étaient inscrites, dont la famille de Marie-Ève Guillemette et François Gagnon, des producteurs laitiers de Wotton. « Nous en profitons pour sortir de chez nous et socialiser avec les autres. Cela nous donne aussi un petit congé », affirme d’emblée M. Gagnon, père de quatre enfants.

En travaillant sept jours sur sept et 24 heures sur 24, les occasions de sorties sont rares. « Avec un horaire de la sorte, il est certain que nous ne pouvons inscrire nos enfants à des cours. Le rassemblement d’aujourd’hui est intéressant pour eux puisqu’ils peuvent parler de tracteurs et de ce qu’ils vivent avec d’autres enfants qui font face à la réalité de la vie agricole. Les tâches que l’on donne aux enfants ne sont pas les mêmes que celles des gens qui vivent en milieu urbain. Elles concernent le travail à la ferme », explique la productrice et mère de famille Marie-Ève Guillemette.

Selon la vice-présidente de la Fédération, la détresse psychologique vécue par les agriculteurs augmente vu le stress engendré par une multitude de choses qui s’accumulent et qui deviennent « une montagne avec le temps. Ce n’est pas comme de travailler en usine où l’on peut échanger avec ses collègues de travail et ventiler ses inquiétudes. La situation financière, la température et la fatigue font partie de ces petits stress. Avant, il y avait le perron de l’église pour se rencontrer. Maintenant que ce n’est plus le cas, il est important de créer ces occasions de rencontre ».

Travailleur de rang

Un projet de travailleur de rang est d’ailleurs en développement en Estrie. Comme le travailleur de rue, la personne ira à la rencontre des familles agricoles. « Nous aimerions que le projet dure au minimum trois ans. Un Bières et fromages est d’ailleurs organisé au Centre de foire de Sherbrooke le 25 octobre afin de finaliser le financement du projet », affirme Line Martel Bégin.

Présent au Grand rassemblement, le président de l’UPA-Estrie François Bourassa soulignait l’importance d’organiser un tel évènement pour les familles agricoles. Par ailleurs, plusieurs dossiers nécessiteront beaucoup de temps pour la Fédération dans la prochaine année.

« La nouvelle loi sur les milieux humide nous tiendra occupés tout comme le dossier concernant la sécurité de revenus des agriculteurs. Toutefois, c’est la voie de contournement à Lac-Mégantic qui nécessitera beaucoup d’attention notamment concernant le passage de la voie ferrée sur des terres agricoles. Certains terrains seraient coupés en deux. Une voie ferrée comporte beaucoup plus d’inconvénients qu’une ligne électrique sous laquelle on peut circuler. Une rencontre est prévue cette semaine avec la quarantaine de propriétaires visés par ce développement », annonce le président de l’UPA-Estrie et producteur laitier et acéricole de Valcourt.