Dre Mélissa Généreux

Un modèle de résilience à Lac-Mégantic

Photovoix, une initiative mêlant la parole de citoyens de Lac-Mégantic et leurs photographies, retient l’attention du bureau européen de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’initiative se retrouve dans un recueil d’exemples à suivre afin de « créer des communautés résilientes ».

Les citoyens ont pu s’exprimer à travers la photo et discuter de différents thèmes; les images ont en quelque sorte servi de prétexte pour aborder différents sujets. La directrice de la Santé publique de l’Estrie, Dre Mélissa Généreux, en est fière; elle souligne d’ailleurs qu’il s’agit du seul exemple nord-américain dans les 13 pays cités.

La DSP est l’un des partenaires dans ce projet, entre autres aux côtés de l’Université d’Ottawa. Les photographies du groupe de quelque 13 citoyens ont été exposées à Lac-Mégantic et au parlement à Ottawa, où l’exposition a été vue par le premier ministre Justin Trudeau. Une initiative qui permet de voir Lac-Mégantic sous un angle beaucoup plus positif, note Dre Généreux. Alors qu’on parle d’empowerment, cette initiative suit justement cette voie.

Mélissa Généreux s’est retrouvée sur les lieux de la catastrophe alors qu’elle était entrée en poste quelques jours auparavant, le 2 juillet 2013. Celle qui s’imaginait prendre le temps de s’installer dans ses nouvelles fonctions s’est plutôt retrouvée sur les lieux d’une tragédie.

« Il n’y a pas grand-chose que je referais différemment... Par contre, mon plus grand apprentissage, c’est que dans les premiers jours, je n’aurais pas pensé que cinq ans après on serait encore à travailler aussi étroitement avec la communauté de Lac-Mégantic. Je fournis autant d’énergie aujourd’hui avec la communauté méganticoise que je le faisais deux ou trois mois après les événements. Ça n’a jamais arrêté (...) La catastrophe environnementale a attiré notre attention, notre focus d’un point de vue de santé publique vers la gestion de la crise immédiate... Mais jamais j’aurais pensé qu’on aurait un rôle aussi important pour ce qui est du rétablissement psychosocial à long terme. C’est un peu le cheval de bataille que je me suis donné, de me promener un peu partout dans le monde et d’aller rencontrer des organisations de santé publique pour leur passer ce message-là. »

Préparer le terrain

« Je suis convaincue que si ça recommençait demain, je me préparerais dès le jour 1 non seulement à agir pour la gestion de crise immédiate, mais à préparer le terrain pour les prochaines années (...) Il y a quelque chose en termes de guérison qui ne peut pas se faire en mode sécurité civile (...) qui doit se faire en grande collégialité avec les gens sur le terrain. »


«  Jamais j’aurais pensé qu’on aurait un rôle aussi important pour ce qui est du rétablissement psychosocial à long terme.  »
Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique

L’expérience a permis de constater que c’est pas mal toute la communauté qui finit par être affectée d’une manière ou d’une autre.

Lors de l’incendie de Fort McMurray, Dre Généreux a tenu absolument à partager son expertise avec les intervenants locaux et elle a aidé à établir un plan d’action sur cinq ans.

Lors d’une sabbatique, elle en a profité pour se pencher sur différentes approches lors de catastrophes.

Elle s’envolera d’ailleurs pour un sommet à Hong Kong, prochainement, au cours duquel des intervenants vont partager leur expérience et leur expertise. Dre Généreux travaille notamment pour améliorer le réseautage dans différents projets.

« On veut créer un répertoire virtuel où on pourrait stocker les différents outils au moins au Canada qui ont été créés pour gérer les différentes catastrophes. C’est un genre d’outils qui seraient disponibles pour les acteurs de santé publique », énumère-t-elle.