Soumaïla Sawadogo, au centre, un Burkinabé demandeur d’asile arrivé à Lac-Mégantic au début de janvier 2017, est menacé de renvoi dans son pays parce qu’il ne répond pas à certains critères pour passer du statut de demandeur d’asile à celui de réfugié. Il est entouré par Karine Bilodeau, responsable des ressources humaines chez Champeau Mégantic, et Annie Gagnon, coordonnatrice en attraction de talents pour le Défi Carrière Mégantic.

Un Méganticois d’adoption menacé d’expulsion

Le gouvernement fédéral s’apprête à ordonner à un Méganticois d’adoption, Soumaïla Sawadogo, de retourner dans son Burkina Faso natal, en Afrique, après un séjour de trois ans en Estrie où il s’est très bien intégré en travaillant pour l’entreprise Champeau Mégantic, après avoir répondu à l’invitation du Défi Carrière Mégantic.

Le Burkinabé a épuisé tous ses recours pour que son permis de travail soit renouvelé, même s’il a payé en septembre les frais de procédures de 225 $ pour ce renouvellement. Il sera extradé le 22 novembre prochain.

Soumaïla Sawadogo craint un retour dans son pays d’origine. « J’ai un sentiment de peur, à cause d’une citation mineure dont je ne veux pas parler, j’aime le Québec, mais j’aime surtout Lac-Mégantic, car ici il y a des gens humains. J’ai complété plusieurs entrevues, même pour aller dans d’autres régions, Saint-Hyacinthe, l’Abitibi, la Beauce. Mais j’étais motivé à venir ici... Je suis quelqu’un de manuel, j’ai fait valoir mon expérience en mécanique automobile, plutôt qu’un diplôme, c’est ce qu’on m’avait dit de faire », se rappelle-t-il.

Son employeur, Pierre Champeau, président-directeur général de J. M. Champeau inc., se désole de la situation.

« Pour nous, c’est une bien triste nouvelle, que Soumaïla nous a lui-même annoncée. Ça va faire trois ans qu’il travaille pour nous, début janvier, il est devenu un ami, c’est un coéquipier très apprécié de l’Équipe Champeau, il fait un très bon travail, à temps plein, et pour nous le perdre dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre, c’est très difficile », confie-t-il.

« Après tous les efforts déployés ici pour recruter une nouvelle main-d’œuvre, il va devoir quitter le pays, c’est un non-sens! De plus, il est bien intégré à sa communauté. Il y a visiblement une faille dans le système. De quelle façon pouvons-nous éviter une telle situation? » se questionne l’homme d’affaires.

« C’est vraiment malheureux. Des demandeurs d’asile comme Sumaïla, il y en a, paraît-il, 25 à Lac-Mégantic. Est-ce que cela va se répéter 25 fois, ces 25 travailleurs vont devoir passer en audience, sans savoir s’ils seront acceptés ou non? Je crois qu’il y a place à amélioration dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre. Soumaïla parle notre langue, il partage nos valeurs, il ne vole l’emploi de personne, nous n’avons personne d’autre », déplore M. Champeau.

Une pétition spontanée de 82 signatures a été créée, mardi soir, au terme du Colloque Défi 2025, pour appuyer la cause de Soumaïla Sawadogo, et sera remise à la députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, qui a été ministre du Développement international dans le passé.

« Soumaïla nous a même référé deux personnes de Montréal, ses amis, pour qu’ils viennent eux aussi s’établir dans notre région. Il est devenu un ambassadeur de notre région, il nous aide au recrutement », a ajouté Annie Gagnon, coordonnatrice en attraction de talents, pour le Défi Carrière Mégantic.

Il a été impossible de parler à un agent d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ni de l’Agence des services frontaliers du Canada, qui s’occupe des renvois de ressortissants étrangers.