Le legs d’une rampe de mise à l’eau à l’APSQ, au lac Boissonneault, crée de la grogne dans ce secteur de Saint-Claude.

Un legs soulève la colère à St-Claude

Le legs d’une rampe de mise à l’eau à l’Association des pêcheurs sportifs du Québec (APSQ), au lac Boissonneault, soulève du mécontentement dans ce secteur de Saint-Claude.

À la fin janvier, les frères Jacques, Pierre, Roger et René, fils de feu Lucien Hamel, ont signé l’acte notarié qui fait de l’APSQ l’unique propriétaire d’une bande de terrain en bordure du lac Boissonneault connue sous le nom de « descente Hamel ».

Les dernières volontés de feu Lucien Hamel concernant cette descente de bateau étaient qu’elle demeure accessible à tous sans égard au lieu de résidence des utilisateurs. En devenant propriétaire de cette bande de terrain, située à l’intersection du chemin Hamel et de la rue Marie-Laure, l’APSQ s’engage à maintenir cet accès au lac Boissonneault public. 

Ce qui ne pose aucun problème, puisque l’APSQ a pour mission, depuis près de 11 ans, de redonner l’accès aux plans publics à tous. 

Or, le legs des frères Hamel va à contre-courant de la volonté de plusieurs résidents riverains du secteur, affirme l’organisme dans son communiqué de presse.

Plusieurs d’entre eux souhaitaient privatiser l’accès à la descente de bateau pour l’usage exclusif des résidents de Saint-Claude. De plus, le 6 mai 2019, la municipalité de Saint-Claude a même voté une résolution afin de devenir propriétaire de la bande de terrain sans aucune condition. Ce qui allait contre la volonté du défunt père Hamel, note encore l’association.

« Lorsque des membres de l’APSQ sont allés visiter le lieu le 7 juillet 2019, un résident avait même installé une corde afin de bloquer l’accès à la descente de bateau. Jacques Hamel a vite fait de retirer la corde et d’avertir le résident de ne pas remettre la corde, que le terrain ne lui appartenait pas », soutient le président de l’organisme Stéphan Bourgeois.

« L’APSQ va faire tout ce qui est en son pouvoir afin de conserver l’accès à la rampe de mise à l’eau à tous les citoyens canadiens et de faire respecter la loi constitutionnelle sur le droit à la navigation. Advenant la dissolution de l’association, elle devra léguer le terrain à un organisme ou individu qui aura l’obligation de conserver l’aspect public des lieux. »


« Nous voulons faire preuve d’une grande transparence. »
Stéphan Bourgeois

La municipalité de Saint-Claude, petit village voisin de la ville de Windsor, a une servitude d’entretien perpétuel de la rampe de mise à l’eau. Cette rampe est utilisée par la Sureté du Québec et les services publics, ajoute M. Bourgeois. 

« Nous voulons faire preuve d’une grande transparence », ajoute-t-il, pour expliquer l’information concernant la grogne dans la communauté dans son communiqué de presse. 

L’APSQ dit vouloir faire de la sensibilisation à de bonnes pratiques du plaisancier. Une affiche qui y sera installée fera la promotion du programme « Suivez la vague » qui invite les plaisanciers à de bonnes pratiques. Ce programme qui a été créé par Nautisme Québec fait des recommandations sur la sécurité nautique, le comportement des navigateurs et le respect de l’environnement, précise-t-on. 

« L’APSQ promet de tout faire afin d’avoir une bonne relation avec la municipalité et les résidents de Saint-Claude. L’association pourrait y ensemencer de la truite dans le cadre du programme Fête de la pêche. Des études de faisabilité pourraient également y être effectuées afin d’y aménager une frayère », souligne-t-on.

Fondée en mars 2009, l’APSQ est une organisation sans but lucratif basée à Laval et dont l’objectif est de faire la promotion de la pêche sportive et de défendre les droits de ceux qui s’adonnent à cette activité.

Joint à ce sujet, le maire de Saint-Claude, Hervé Provencher, dit avoir fait ce qu’il pouvait pour que la municipalité devienne le gestionnaire de la rampe à l’eau. L’administration municipale souhaitait ainsi poursuivre son travail de protection du lac. 

« Nous venons d’apprendre la nouvelle. La municipalité voulait l’acheter, mais la famille Hamel en a décidé autrement, se désole-t-il. Les dernières volontés d’une personne décédée ont eu le dessus à ce que je comprends. »

« Nous voulons depuis longtemps protéger le lac, contre les plantes envahissantes. C’est un lac qu’on ensemence. Il ne faut pas que le lac soit rempli de bateaux qui viennent de on ne sait pas trop où. »