Sylvie Saint-Cyr

Un Familiprix floué: la prison à domicile pour une fraudeuse

SHERBROOKE — « C’est certain que maintenant, les vérifications concernant l’argent sont l’affaire de plusieurs personnes. »

Le pharmacien Philippe Leng de Richmond ne garde pas un bon souvenir de son ancienne gérante Sylvie Saint-Cyr qui a reconnu une importante fraude.

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La femme de 56 ans, qui a reconnu une accusation de fraude de 35 000 $ entre le 1er janvier 2012 et le 25 novembre 2014, a été condamnée à une peine à purger dans la collectivité.

Sylvie Saint-Cyr du Canton de Cleveland devra respecter de sévères conditions lors de cette peine de prison à domicile imposée par le juge Charles Ouellet de la Cour supérieure au palais de justice de Sherbrooke.

« C’est certain que l’on souhaite que la peine soit la plus importante possible. Cependant, elle reflète les peines pour une accusée qui n’avait pas d’antécédent judiciaire. Je respecte le processus judiciaire même si la fraude reconnue représente seulement un certain pourcentage des pertes que j’ai subies », explique M. Leng.

L’assureur de Philippe Leng a remboursé une partie des sommes flouées par Sylvie Saint-Cyr.

« C’était la gérante. Lors du changement de quart de travail, elle manipulait les numéros d’employés pour faire de faux remboursements à son profit. Elle a fait ça pendant plusieurs années », signale Philippe Leng.

Sylvie Saint-Cyr était gérante à la pharmacie Familiprix de Richmond lorsqu’elle a commis ce crime.

Une trame factuelle des faits a été déposée devant le tribunal.

Elle y reconnaît avoir subtilisé une somme avoisinant les 35 000 $ « mais impossible à chiffrer précisément ».

« Pour ce faire, elle utilisait des remboursements fictifs », stipule la trame factuelle.

Elle enregistrait des remboursements à la caisse, mais aucune somme d’argent n’était remise à un client.

« Par la suite, l’accusée faisait des correctifs au livre comptable afin de faire balancer l’encaisse et les prélèvements des journées visées par les faux remboursements », indique le document déposé
au dossier.

La preuve ne révèle pas ce qui est advenu de l’argent puisé illégalement dans les coffres de l’entreprise.

En plaidant coupable à l’accusation portée contre elle en décembre 2018, Sylvie Saint-Cyr a évité la tenue d’un procès devant jury.

« Le processus judiciaire est assez long et difficile. L’important c’est que ce soit terminé et que les gens puissent l’identifier. Il faut dénoncer ce type de crime afin que ça ne se reproduise pas. Il est important de dénoncer », affirme M. Leng.

Depuis ces événements frauduleux, le pharmacien a mis en place de nouvelles mesures de sécurité.

« C’est certain que je mise davantage sur un travail d’équipe pour faire les vérifications pour l’argent et les remboursements. J’ai ajouté des mots de passe et des caméras de surveillance. Il y a aussi des vérifications comptables externes plus fréquentes », mentionne Philippe Leng.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau et l’avocat de la défense Me Marc-Olivier Perron.