Les rues Véronique, des Sables, Tomy et Mont-Girard Sud doivent être refaites à Saint-Denis-de-Brompton. Chaque printemps, elles deviennent difficilement praticables et les services d’urgence craignent pour la sécurité des citoyens.

Un emprunt de 5,1 M$ pour les rues de St-Denis

La Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton se prépare à emprunter 5,1 millions $ pour réaliser des travaux majeurs de réfection de 4,6 kilomètres de rues sur son territoire.

En assemblée d’information la semaine dernière, le projet a soulevé plusieurs questions chez la centaine de citoyens présents, d’autant que la Municipalité a également contracté un emprunt de 1,5 million $ en 2017 pour améliorer ses infrastructures routières et rénover des bâtiments municipaux.

« Cet investissement représente un changement de vision, un virage à 180 degrés, puisque la mentalité des dernières décennies favorisait un faible taux de taxation au détriment de travaux qui sont devenus aujourd’hui plus que nécessaires », annonce le maire Jean-Luc Beauchemin.

Réparti sur 20 ans, cet emprunt de 5,1 millions $ représente une taxe spéciale annuelle estimée à 160 $ à terme pour la résidence moyenne de 337 946 $. Ce montant sera moindre si les 5 millions $ ne sont pas dépensés et diminuera au fur et à mesure que le nombre de contribuables augmentera à Saint-Denis-de-Brompton, qui se targue d’enregistrer en moyenne 50 nouvelles constructions par année.

Le projet concerne 1,4 kilomètre des rues Véronique, des Sables et Tomy, qui desservent un développement résidentiel à proximité de l’école primaire du Jardin-des-Lacs.

La plus grande part de l’emprunt servira toutefois à des travaux majeurs de reconstruction d’un tronçon de 3,2 kilomètres de la rue Mont-Girard Sud.

Ces quatre rues seraient « contaminées », pour reprendre les mots de M. Beauchemin, et deviennent difficilement praticables au printemps. Régulièrement des automobiles s’y enlisent. À un point tel que les services d’urgence soulèvent des inquiétudes quant à l’accessibilité aux résidences de ces secteurs.

Dans le cas de Mont-Girard Sud, ajoute l’administration municipale, « elle fait partie du plan de mesures d’urgence du ministère des Transports en tant que voie de contournement de la route 249 ».

« Cet investissement représente un changement de vision, un virage à 180 degrés, puisque la mentalité des dernières décennies favorisait un faible taux de taxation au détriment de travaux qui sont devenus aujourd’hui plus que nécessaires », annonce le maire Jean-Luc Beauchemin.

Travaux publics et hôtel de ville

L’administration Beauchemin mène de front un deuxième projet pour doter la Municipalité d’un site pour les travaux publics. Ce projet qui nécessite un emprunt de 538 000 $ permettra d’entreposer des matériaux granulaires et éventuellement des véhicules et des équipements de voirie. Le maire explique vouloir ainsi « réduire la dépendance » à la sous-traitance. « Comme on n’a pas de camion ni de lieu de stockage actuellement, on est toujours esclaves de leurs tarifs et de leurs agendas », déplore-t-il.

Les deux emprunts de 5 millions $ et de 500 000 $ sont soumis à un processus d’approbation référendaire. Les citoyens qui ne sont pas satisfaits des réponses fournies par l’administration municipale sur ces emprunts peuvent signer un registre pour réclamer la tenue d’un référendum. Le registre sera ouvert de 9 h à 19 h le 19 février et 224 signatures sont requises pour forcer la tenue d’un référendum.

Le maire est-il inquiet de voir les citoyens rejeter ces emprunts?

« On a beaucoup de rattrapage à faire, mais on ne peut pas aller plus vite que la population veut aller », lance-t-il avec philosophie. « Si ça ne passe pas, je ne sais pas ce qu’on va faire avec ces rues, mais la Ville doit prendre ses responsabilités. Nous avons bon espoir que les citoyens comprendront l’urgence d’agir. »

Avec une croissance de population de plus de 30 % depuis dix ans, le maire Beauchemin prévient aussi que la Municipalité devra planifier d’autres investissements importants à moyen terme. L’hôtel de ville notamment déborde et six employés travaillent dans une roulotte, tandis qu’une évaluation de l’état des bâtiments municipaux, dont la caserne des pompiers, est en cours pour répondre aux exigences du Code national de prévention des incendies et de la Commission des normes, de l’éthique et de la santé et de la sécurité du travail.

« Les gens qui chialent n’ont pas vu la ville grossir, remarque M. Beauchemin. Certains ont suggéré que la Municipalité arrête de donner des permis de construction, mais on n’ira pas là. On ne peut pas restreindre la croissance! Parce que ça c’est des payeurs de taxes pour demain. »