Le manque de neige et les droits de passage perdus causent des maux de tête aux motoneigistes de la région en ce début de saison.

Un difficile début de saison pour la motoneige

Les motoneigistes de la région sont confrontés à un difficile début de saison. Le manque de neige et le temps doux n’ont pas permis d’ouvrir les sentiers.

Au Club de motoneige Harfang de l’Estrie, on se prépare, mais on interdit de circuler sur le réseau. Les surfaceuses sont sorties le 5 janvier pour commercer le travail, mais malheureusement, il n’y a pas encore assez de neige, les conditions ne sont pas respectées pour assurer la sécurité des motoneigistes, note le président Daniel Beaudette.

« C’est la deuxième fois que l’on sort les surfaceuses. Pour préparer le fond des sentiers et faire geler », explique-t-il.

« On attend de la neige et du froid. Il y a encore de l’eau et c’est dangereux en plusieurs endroits. » 

Les accumulations de neige des derniers jours ne suffisent pas à donner le feu vert. Le club avertit, par exemple entre Brompton et Windsor, qu’il manque de neige. Certaines prairies sont « presque sur la terre ». Dans les secteurs boisés, la glace n’a pas supporté le poids des véhicules nivelant les sentiers.  

On demande aux motoneigistes les plus impatients de ne pas s’y lancer afin de préserver les droits de passage et surtout assurer leur sécurité. 

Parlant de droit de passage, le président Beaudette rage en admettant que le réseau est actuellement « coupé en trois ». Rappelons que les motoneigistes ont épuisé leurs recours pour obtenir l’ouverture des sentiers dans le secteur du chemin Laliberté. La Ville, qui devait étudier des mesures pour inciter les propriétaires de terrains à accorder des droits de passage, ne changera finalement pas ses façons de faire, a-t-on appris en décembre.

Moyen de pression

Ces propriétaires de terrains réclament que la Ville revienne au zonage commercial pour les terres qu’ils possèdent en bordure de l’autoroute 10. La fermeture des sentiers de motoneige constitue un moyen de pression pour provoquer un compromis. En novembre, le comité exécutif disait vouloir discuter d’une solution potentielle.

« Nous avons travaillé fort en 2019 autant auprès de la Ville que du gouvernement. On a même rencontré le ministre [des Transports, François] Bonnardel en pensant qu’il y avait un espoir de changement de zonage », dit-il à La Tribune. 

« Nous sommes comme pris en otage. Nous recevons des appels des membres. Mais c’est quelque chose qu’on ne contrôle pas. »

Daniel Beaudette invite les motoneigistes à stationner dans des endroits près des sentiers prévus pour laisser leur véhicule et remorque. « Je demeure sur le chemin Réhaume et je ne peux même plus partir de chez moi en motoneige », déplore-t-il.

Du côté des adeptes de quad, le début de saison est aussi difficile en raison des mêmes droits de passages perdus. « Nous sommes enclavés! », déclare Anne-Marie Leclerc, présidente du Club VTT Arc-en-ciel de l’Estrie,

« On peut aller de Saint-Élie à Rock Forest et on revient. De l’autre côté, on ne peut plus aller à Magog ni vers Brompton. À Lennoxville, on a perdu un autre droit de passage il y a quatre ans et on tente de le récupérer. C’est compliqué comme début de saison... »

Cependant, les caprices de la météo nuisent moins aux adeptes du quad que ceux de la motoneige. « Nous serions ouverts presque à 100 pour cent, fait-elle remarquer. Nous n’avons pas autant besoin de froid et de neige que les motoneiges », explique Mme Leclerc. 

« Mais nous ne devons pas abîmer les champs agricoles. C’est très important. »