La saison touristique bat son plein dans la région de Magog. À preuve, des gens profitaient toujours de la plage à Magog vers 17 h 45 jeudi, malgré un ciel quelque peu menaçant à l'horizon. -

Un début de saison lent dans Magog-Orford

Des terrasses bondées devant les restaurants, de nombreux piétons le long de la promenade traversant le parc de la Baie-de-Magog ainsi que des bateaux ancrés autour du quai MacPherson. Pas de doute possible : la saison touristique est bel et bien enclenchée dans la région de Magog, dont les charmes sont reconnus à travers le Québec et ailleurs.
Si les visiteurs paraissent nombreux dans la région magogoise depuis quelques jours, la saison touristique a mis du temps à prendre son envol dans ce secteur cet été. Les conditions climatiques changeantes, en juin et en juillet, ont donné des maux de tête à certains entrepreneurs.
« Les prévisions météo ont eu un impact négatif sur l'activité des gîtes de notre regroupement. Par contre, les choses se sont replacées avec le début des vacances de la construction », confie le président de l'Association des gîtes touristiques Magog-Orford (AGTMO), Richard Grenier.
Le président de l'AGTMO évalue que les membres de son association ont en moyenne vu leurs revenus diminuer d'au moins 10 pour cent au cours des premières semaines de la présente saison estivale.
« Les gens réservent plus à la dernière minute que d'habitude parce qu'ils ont peur de se faire déjouer par les caprices de Dame Nature, note Richard Grenier. Ce qui est un peu frustrant, c'est que nous devons refuser pas mal de personnes quand, finalement, des prévisions météo plus intéressantes sont dévoilées. Nos gîtes sont petits et se remplissent vite. »
Bien que M. Grenier admette que la saison a démarré lentement, il révèle que son gîte a accueilli de nombreux Américains et Ontariens en juin et en juillet. « Avec un dollar canadien au pair, les Américains n'étaient plus intéressés par notre région. Mais ils sont maintenant de retour. »
Directeur du domaine récréotouristique de Bleu lavande, Jérémy Parent reconnaît également que les conditions climatiques ont fait du tort à son organisation plus tôt cette saison.
« On est en retard d'environ 20 pour cent sur l'an dernier en ce qui concerne les entrées sur notre site, révèle M. Parent. On a cependant commencé à regagner le terrain perdu grâce aux journées plus chaudes et belles qu'on a eu durant les derniers jours. Disons que ça va en s'améliorant. »
Selon lui, bon nombre de personnes qui avaient prévu venir au domaine de Bleu lavande ont simplement reporté leur visite quand elles ont constaté que la météo jouait au yo-yo. Il s'attend donc à ce que la situation continue à s'améliorer.
Augmentation au parc
Au parc national du Mont-Orford, la situation est tout autre. La directrice de l'aire protégée, Brigitte Marchand, mentionne en effet que les chiffres du parc sont en hausse. En comparaison avec l'an dernier, les revenus pour la période allant du début d'avril à maintenant auraient bondi de neuf pour cent.
« Le camping va très, très bien, déclare Mme Marchand, tout en précisant qu'il reste néanmoins de la place pour des campeurs additionnels. Les travaux dans le secteur Stukely du parc ont créé un engouement dès l'an dernier et ils semblent nous aider à nouveau cette année. »
La directrice du parc du Mont-Orford enchaîne en disant que la plage du lac Stukely a été relativement peu achalandée au cours des premières semaines de l'été. Mais elle laisse entendre que la randonnée pédestre et le vélo, notamment, ont été davantage populaires au même moment.
Tourisme Cantons-de-l'Est enregistre un meilleur taux d'occupation qu'en 2016
Malgré du temps pluvieux, les mois de mai et juin ont été meilleurs que ceux de l'an dernier en matière de taux d'occupation pour l'hébergement dans la région. La diversité de l'offre touristique explique ces résultats selon Tourisme Cantons-de-l'Est.
« Ça nous a vraiment surpris, admet Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l'Est. On ne s'attendait vraiment pas à avoir de bonnes nouvelles concernant mai et juin puisqu'on a l'impression qu'il a mouillé sans arrêt. En plus la saison 2016 a été correcte à bien des égards. »
« L'offre est tellement diversifiée dans les Cantons-de-l'Est que même le temps pluvieux n'a pas autant d'impact qu'avant sur le tourisme », résume-t-elle.
Certains secteurs ont toutefois connu des difficultés.
« C'est certain que ç'a été beaucoup plus difficile pour les activités extérieures comme les plages ou les parcs aquatiques, poursuit Francine Patenaude. Ils peuvent toutefois se reprendre avec les grosses chaleurs du début du mois d'août. Ce sont des journées records en ce moment pour l'Amazoo par exemple. »
Mme Patenaude voit également quelques changements dans les habitudes des touristes.
« On constate que les Cantons-de-l'Est sont plus une destination escapade qu'une destination de vacances. En ce sens, les réservations se font souvent à la dernière minute. Les gens vont réserver le lundi ou mardi en vue de la fin de semaine. »
Selon un sondage du ministère du Tourisme effectué au début de la saison estivale, 80 % des Québécois avaient l'intention de séjourner au moins une nuitée dans la province durant leurs vacances.