Souhaitant éviter une coupe d’arbres majeure dans un boisé voisin de la Ruche, Alain Milette s’oppose au projet de complexe à deux patinoires qui pourrait voir le jour à Magog.

Un citoyen critique le projet d'aréna à Magog

Le projet de construction d’un nouvel aréna à Magog a semblé recevoir un bon accueil dans le milieu. Mais un citoyen, Alain Milette, émet des critiques à l’endroit de la proposition de la municipalité. Il appuie ses commentaires sur des données dénichées dans des documents émanant principalement de l’hôtel de ville.

M. Milette estime que le projet imaginé par la Ville de Magog est trop coûteux et qu’il présente des problèmes majeurs si on l’évalue sous l’angle du développement durable.

D’après les informations qui circulent, la construction du complexe à deux patinoires souhaité par la Ville de Magog coûterait 25 millions $. On espère que les gouvernements du Québec et du Canada puissent fournir ensemble une somme de près de 12 M$.

La proposition d’Alain Milette serait deux fois moins coûteuse que celle retenue par la municipalité et qui serait mise en œuvre par un organisme à but non lucratif. Elle prévoit la rénovation de l’aréna déjà existant à Magog ainsi que la construction d’une nouvelle glace intérieure à l’école secondaire de la Ruche.

D’après le Magogois, un investissement de 7 à 8 M$ permettrait de rénover l’aréna actuel. Et il croit qu’il serait possible de construire un petit aréna sans fla-fla à la Ruche pour la somme d’approximativement 4 M$.

« À Saint-Martin, en Beauce, ils en ont construit un à côté d’une école grâce à un investissement de seulement 3,7 M$. La livraison du bâtiment s’est faite en février 2017 », souligne M. Milette.

Il est utile de noter que la rénovation de l’aréna actuel serait plus dispendieuse parce qu’il s’agit d’un édifice capable d’accueillir plus de 1000 spectateurs et qui héberge par surcroît une série d’organismes du milieu.

Par ailleurs, Alain Milette désire éviter une coupe d’arbres majeure dans une forêt voisine de l’école de Magog, ce qu’entraînerait selon lui la construction d’un complexe à deux patinoires. Il rappelle que les forêts poussant dans les villes apportent de grands bienfaits aux résidants.

« Imaginez en 2018 un projet de cette envergure dans une forêt urbaine de grande qualité déjà amputée lors d’un précédent chantier alors que vous avez d’autres options. Pourquoi les ignorer pour exécuter le projet le plus grandiose aux yeux des intéressés? » demande-t-il.

Hamm en désaccord

Sans surprise, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, défend le projet élaboré par son administration. Elle croit que M. Milette fait fausse route autant en ce qui concerne les coûts que la coupe de bois.

« Le scénario suggéré par ce citoyen serait plus cher que celui qu’on a choisi, selon moi, déclare Mme Hamm. Si on avait deux sites séparés, ça prendrait deux équipes d’entretien et deux salles mécaniques, entre autres. Ce n’est pas logique d’affirmer que ce serait moins cher. »

Dans la foulée, la mairesse laisse entendre qu’il est facile d’avancer des chiffres lorsqu’on n’a pas besoin de démontrer la validité de ses calculs. « Je ne sais pas vraiment d’où viennent ses chiffres. Il lance peut-être ça au pif. Mais nous, on pense avoir choisi le meilleur modèle pour nous », explique-t-elle.

Vicki-May Hamm souligne finalement que la coupe de bois envisagée aurait une ampleur limitée. « Je dirais que seulement 10 pour cent de la forêt serait touchés. En plus, un plan de reboisement avec la Ruche est prévu. »

La quête de subventions s’annonce ardue

Les responsables du dossier du nouvel aréna à Magog espèrent que le gouvernement du Québec se montrera généreux avec eux. Toutefois, l’argent rendu disponible par le provincial pour les projets d’infrastructures sportives et récréatives est très convoité. Il y aura donc forcément des gens déçus.

Le gouvernement du Québec s’apprête à distribuer une somme de 100 millions $ à différents types d’organisations afin d’aider ces dernières à concrétiser des projets d’infrastructures sportives et récréatives.

Selon les informations obtenues auprès du député d’Orford, l’ensemble des demandes déposées par les organisations éligibles totaliserait plus de 450 M$.

« La somme maximale qui peut être accordée est 7,5 millions $, note Pierre Reid. Compte tenu du contexte, probablement qu’il n’y aura pas beaucoup de montant maximum qui seront offerts. »

La situation observée explique sans doute pourquoi M. Reid affiche un optimisme modéré lorsqu’on lui demande si Magog touchera l’aide qu’elle espère de Québec. « Le dossier qui a été monté est très bon, reconnaît-il. Mais on réclame un gros morceau de la tarte alors je crois que les chances sont 50 – 50. »

Le député d’Orford ajoute que, en raison des règles en vigueur, toute pression politique est vaine à ce stade-ci. Il ne reste en conséquence qu’à attendre la décision du comité chargé d’étudier les nombreuses demandes reçues.

Ajoutons en terminant que l’aide du gouvernement fédéral est également souhaitée. On aimerait qu’au total Ottawa et Québec fournissent une somme de près de 12 M$.