Le président de la Société d’histoire de Magog, Pierre Bastien, ainsi que son directeur, Martin Dubé, souhaitent que cet organisme puisse offrir un service de qualité à la population qu’elle dessert.
Le président de la Société d’histoire de Magog, Pierre Bastien, ainsi que son directeur, Martin Dubé, souhaitent que cet organisme puisse offrir un service de qualité à la population qu’elle dessert.

Un budget à l’encre rouge pour la Société d'histoire de Magog

La Société d’histoire de Magog (SHM) veut offrir un service complet et de qualité à la communauté qu’elle dessert. Mais ses dirigeants constatent que le financement pose problème. Ils souhaitent donc attirer l’attention de la population sur la situation financière de la SHM.

Selon les évaluations réalisées, la SHM aurait besoin de 65 000 $ par année pour « fonctionner correctement », tel que le dit son président, l’ancien maire d’Orford Pierre Bastien. Mais un budget annuel de 80 000 $ ou même de 100 000 $ correspondrait davantage aux véritables besoins de l’organisme.

Or, les revenus annuels de l’organisme se situent davantage autour de 50 000 $. « On a fait 65 000 $ de dépenses cette année. Ça signifie qu’on a dépensé 15 000 $ de trop. On va devoir faire des choix, si on n’est pas en mesure de hausser notre budget », affirme M. Bastien.

La Ville de Magog est un des principaux alliés de la SHM. La municipalité verse en effet quelque 30 000 $ à cet organisme, sans compter qu’elle lui fournit des locaux et lui offre gratuitement l’électricité qu’il consomme.

« On ne demande rien à la Ville de Magog, assure Pierre Bastien. On la laisse exercer son bon jugement. En fait, on s’adresse à toute communauté ou plutôt à tous ceux qui sont préoccupés par l’avenir de la société d’histoire. Ce qu’on dit aux gens, c’est que s’ils croient que ça vaut la peine de s’occuper de l’histoire on a besoin de plus d’argent. »

Tous les ans, la SHM reçoit des documents écrits, des photos et autres objets ayant appartenu à des organisations et des habitants de la région de Magog. Elle les classe, les conserve et les met à la disposition du public.

La SHM pourrait fonctionner avec un budget inférieur à 65 000 $ par année, selon son directeur et archiviste, Martin Dubé. Mais ses activités reposeraient alors principalement sur les épaules de simples « amateurs d’histoire passionnés » et elle ne serait plus en mesure de classer les documents reçus avec une grande efficacité ni de les conserver en utilisant les meilleures méthodes.

Bien sûr, la préservation du patrimoine écrit et photographique d’un milieu peut paraître une tâche superflue à certains. Martin Dubé estime cependant qu’il est normal de consacrer des ressources à une telle mission. Il souligne d’ailleurs que la région de Magog a un passé riche et que, dans ce contexte, il est d’autant plus pertinent de travailler à la préservation des documents et photos racontant son histoire.

« À une époque, Magog avait la plus grande usine de textile au Canada. Et la région a aussi commencé à recevoir des touristes il y a longtemps. Ce qu’il faut comprendre autrement dit, c’est que le secteur a une histoire exceptionnelle sur les plans industriel et touristique. Ça mérite qu’on voie à la préservation des choses qui témoignent de ce passé », explique M. Dubé.

Capacité limitée

Présidente de la Commission de la culture de la Ville de Magog, Diane Pelletier paraît au fait de la situation à la SHM et se montre sensible à celle-ci. Elle fait toutefois valoir que la Ville offre déjà un soutien financier adéquat à l’organisme.

« On a fait un état de situation et on s’est aperçu que, parmi les sociétés d’histoire existant dans des villes semblables à Magog, la SHM est parmi celles qui reçoivent le plus du municipal. On comprend que ce n’est pas suffisant, mais on a une capacité limitée », affirme Mme Pelletier.

La présidente de la Commission de la culture remarque par ailleurs que, au cours des mois à venir, la Ville élaborera sa nouvelle politique culturelle. « Des choses seront revues dans le cadre de ce processus. Entre autres, il faudra peut-être que les organismes du milieu apprennent à mieux collaborer entre eux », suggère-t-elle.