Le citoyen Michael Grayson a vertement critiqué la position des élus de North Hatley concernant la fermeture à clé de la clôture à la plage municipale du village.

Un barrage de critiques pour les élus de North Hatley

La décision de la municipalité de North Hatley de ne pas laisser le libre accès à sa plage municipale en dehors des heures d’ouverture normales crée de la frustration chez des citoyens. Les dirigeants de la municipalité ont tenté tant bien que mal d’expliquer leur décision, lors d’une assemblée publique lundi soir, mais ils n’ont pas semblé convaincre quiconque.

Jusqu’à récemment, la porte de la clôture limitant l’accès à la plage de North Hatley n’était habituellement pas fermée à clé en période estivale. Mais les autorités municipales, qui jouent désormais un rôle accru dans la gestion du lieu, ont décidé de modifier la règle qui s’appliquait depuis des années.

La décision de la municipalité quant à la fermeture complète de la clôture s’appuie sur une opinion juridique récente, qui reconnaît que le village s’exposerait à des problèmes s’il permettait au public d’accéder facilement au lieu de baignade en dehors des heures où des sauveteurs sont présents.

En entrevue avec La Tribune, le maire de North Hatley, Michael Page, a soutenu que l’existence d’une clôture près de la plage ne laisse pas réellement de marge de manœuvre à sa municipalité. « Selon l’opinion juridique qu’on a eue, puisqu’on a une barrière, on n’a pas d’autres choix que de la barrer quand aucune surveillance n’est effectuée. Ce n’est pas là juste comme décoration, vous savez », indique-t-il.

M. Page soutient que l’importance de fermer la clôture à clé est d’autant plus grande que la plage est située dans un quartier résidentiel où on trouve des familles avec de jeunes enfants. Cela dit, malgré son apparente détermination, il appelle au compromis.

Forte opposition

L’approche défendue par la municipalité déplaît à bon nombre de résidants du village. D’ailleurs, parmi les 50 personnes présentes à l’assemblée de lundi, la vaste majorité était opposée à la décision municipale. Plusieurs citoyens avaient vraisemblablement l’habitude d’aller se baigner à la plage tôt le matin, avant l’arrivée des sauveteurs, et digèrent mal qu’on les prive de ce plaisir.

« Ça s’est bien passé pendant 50 ans à cet endroit, a fait valoir Michael Grayson, un candidat défait aux dernières élections municipales à North Hatley. Pourquoi est-ce que vous, au conseil, vous créez continuellement des débats ces derniers mois? Le risque zéro n’existe pas de toute façon. »

Une citoyenne, Ariane Brouillette, a pour sa part soutenu que la décision de la municipalité pourrait avoir des conséquences graves, advenant qu’une personne réussisse à s’introduire sur le site et qu’elle éprouve ensuite des problèmes dans l’eau. « Si des gens voulaient intervenir dans un cas semblable, ce serait beaucoup plus compliqué », a-t-elle affirmé.

Le directeur général de la municipalité, Daniel Décary, a alors noté que les services d’urgence sont capables sans difficulté de briser des cadenas et des serrures. Des gens dans la salle lui ont toutefois répondu que de précieuses minutes seraient potentiellement perdues, si on était forcé d’attendre les policiers ou les pompiers avant de porter assistance à une personne en difficulté.