Josée Patry, Marie-Christine Marcoux, Lysianne Reula-Sheard, Nicole Dubuc, Johanne Desrosiers, Marie-Josée Roy, Louise St-Laurent et Brigitte Roy (absente de la photo : Guylène Bélanger) se préparent à parcourir la Cordillère Blanche, au Pérou, au profit de La Maison Aube-Lumière. Elles sont accompagnées sur la photo par Patrick Ferland (en haut à droite), vice-président de l’organisme.

Troquer son confort pour améliorer celui des malades

Neuf femmes profitent présentement de leur dernière dizaine de nuits douillettes, car le 7 septembre, elles entameront un périple de plus d’une semaine dans la Cordillère Blanche, au Pérou, au profit de La Maison Aube-Lumière. Cet affrontement de conditions inhospitalières rendra possible le confort des malades d’ici, puisque les fonds amassés serviront notamment à l’acquisition de lits spécialisés.

« Quand on m’a approché pour faire la Cordillère Blanche, j’ai tout de suite pensé à mon père qui est décédé ici, à La Maison Aube-Lumière en 2010, et qui a été accompagné par un personnel et des bénévoles extraordinaires durant les six semaines qu’il a passées ici. Ils nous ont aidés, toute la famille, parce que c’est dur pour le malade qui est en fin de vie, mais c’est quelque chose pour la famille aussi! », souligne Marie-Christine Marcoux, vice-présidente à la Banque Nationale Gestion Privée 1859 et l’une des neuf participantes du défi.

Par reconnaissance envers l’organisme, elle a participé à différentes collectes de fonds, incluant la vente de poinsettias et la participation à un demi-marathon, mais cette fois, elle compte repousser ses limites et surmonter son « côté princesse » avec huit autres femmes pour aller chercher encore plus de dons.

Elles profiteront bien entendu d’un paysage à couper le souffle et d’une expérience hors du commun, mais le défi qui les attend n’en est pas moins rude : plus d’une semaine d’excursion en montagne, à raison de cinq à sept heures de marche par jour. Pour couronner le tout, elles n’auront accès à aucune commodité ni eau courante, en plus de n’avoir droit qu’à dix kilogrammes de bagages et de devoir compter uniquement sur un repos sous la tente, à une altitude incommodante variant entre 3000 et 4600 mètres.

Nicole Dubuc, chercheuse et directrice du Centre de recherche sur vieillissement du CIUSSS de l’Estrie — CHUS, est plus familière avec ce défi qui l’attend puisqu’elle avait participé à une collecte de fonds semblable qui lui a fait voir le mont Blanc, en France, en 2017.

« C’est sûr que c’était beau, le mont Blanc, c’était très beau! Mais il y avait des journées pas toujours très agréables... Lorsque j’avais mal ou que je ne me sentais pas bien, je pensais aux personnes malades qui ont de la douleur et je me disais ‘‘toi, tu es en santé, Nicole, tu peux le faire. Dans ton cas c’est temporaire, donc arrête de chialer pis vas-y! ’’ », relate-t-elle avec humour.

Brigitte Roy, directrice du financement et des communications à La Maison Aube-Lumière et qui participera aussi au défi, admire l’implication de ses coéquipières : « C’est vraiment un don de soi! Ce n’est pas seulement de faire un chèque, mais c’est vraiment des gens qui passent beaucoup de temps à se préparer pour ce périple, et je pense que ça va en valoir largement la peine! »

Bénéfices concrets

En plus d’assumer elles-mêmes toutes leurs dépenses personnelles liées au voyage, les participantes devaient chacune amasser 3000 $ — un objectif déjà largement dépassé avant même leur départ, puisque ensemble, elles en sont déjà à plus de 61 000 $.

Elles encouragent tout de même la population à continuer à donner en se rendant au www.jedonneenligne.org/aubelumiere/DEFI/ puisque La Maison Aube-Lumière requiert annuellement un million de dollars pour maintenir la qualité de ses services, qui incluent l’hébergement et les soins palliatifs. Rappelons que ceux-ci sont offerts gratuitement à des personnes atteintes de cancer en phase avancée afin de leur offrir une fin de vie dans le confort et la dignité.

« Cette année, on a nos lits qui sont dus pour être changés. Ce sont des lits spécialisés, qui doivent être articulés et avoir des fonctions particulières, parce que vous comprendrez que les gens qui sont ici sont souvent grabataires [cloués au lit par la maladie] et passent de longues heures couchés. C’est leur dernière maison, c’est important qu’ils aient un bon confort! », rappelle Mme Roy.

L’importance de cet investissement aura d’ailleurs été soulignée par un témoignage-surprise, mardi matin, à la fin de la présentation du projet aux médias : « Le patient que j’ai vu juste avant de descendre pour la conférence de presse avait justement un inconfort à cause de son matelas, il sentait toujours un point de pression. Ce ne sont pas des médicaments qui vont changer ça, c’est de changer le matelas qui est le traitement — et un bon matelas, ça remplace beaucoup de médicaments! Donc je trouvais que c’était un drôle de hasard, parce que ça arrive à l’occasion, mais que ça arrive juste avant la conférence, ça m’a vraiment fait voir toute l’importance de ce projet-là et que ça fait une différence! Le confort, c’est un enjeu concret, réel », a souligné Chantale Doyon, l’une des deux médecins travaillant à temps plein à La Maison Aube-Lumière et membre du conseil d’administration de l’organisation, en remerciant chaudement les participantes.