Trop d'enfants vont à l'école en voiture

Les enfants et adolescents du Québec sont privés d'activité physique quotidiennement parce que de plus en plus de parents les reconduisent à l'école en voiture, ce qui les prive d'une marche ou d'une promenade en vélo.

Des membres de la communauté 100o étaient de passage à la salle Guy-Veilleux du centre communautaire de Cookshire-Eaton, récemment, afin de discuter de cet enjeu. Professeur à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage et vice-doyen aux études supérieures à la faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, Juan Torres a présenté ses réflexions sur le sujet devant une cinquantaine de personnes, dont des élus municipaux, des administrateurs scolaires et des policiers.

« Ce qu'on observe, c'est un déclin du transport actif des enfants et des adolescents pour se déplacer vers l'école, affirme M. Torres. C'est préoccupant, car ce trajet représente une occasion d'activité physique quotidienne. Ça constitue aussi des occasions pour que les enfants apprennent à faire face à l'incertitude du danger », poursuit-il, ajoutant que ses études sont généralement faites dans la région de Montréal.

L'une des solutions serait d'accompagner les enfants vers l'école. « L'accompagnement est parfois vu comme étant négatif, car les parents veulent que leurs enfants soient indépendants, note M. Torres. Par contre, l'accompagnement peut être très utile dans une perspective d'autonomie, afin que l'enfant maîtrise sa place dans l'espace public et routier », continue-t-il.

Cette tendance ne se produit pas seulement au Québec, selon Juan Torres. « C'est un phénomène mondial qu'on observe autant dans les pays du Sud que dans les pays plus prospères. C'est très complexe. Le mode de vie contemporain fait en sorte que les gens n'ont pas beaucoup de temps le matin », affirme-t-il.

Par contre, le danger est bien présent dans les rues. M. Torres suggère de les limiter en diversifiant les moyens de protection, comme des limites de 30 km/h dans les zones scolaires et des dos d'âne, à titre d'exemple.

Policier préventionniste de Memphrémagog, Paul Tear a commenté l'importance de consulter les enfants et les adolescents. « Quand on travaille sur des projets, je pense que les personnes concernées devraient être là. On est porté à oublier les jeunes, car ils n'ont pas 18 ans, mais leur façon de voir les choses est différente. »

De son côté, la directrice de l'école du Boisjoli, dans le secteur de Rock Forest, Nicole Clermont, cherche des solutions pour renverser cette tendance. « On aimerait voir nos élèves se déplacer de façon active et sécuritaire. Il y a une problématique, car beaucoup d'enfants sont reconduits le matin. On est conscients que les parents sentent que leurs enfants ne peuvent pas se déplacer en sécurité, donc on cherche des solutions », affirme-t-elle.

La communauté 100o est pilotée par Québec en forme. Huit régions du Québec, dont l'Estrie, en sont membres.