Un an après l’annonce conjointe Québec-Ottawa qu’il y aura une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic, le travail se poursuit. Transports Canada vise la construction de 2020 à 2022.

Transports Canada fera le point sur la voie de contournement

Transports Canada ira à la rencontre des citoyens, la semaine prochaine, pour faire le point sur l’avancement des travaux pour la construction de la voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic.

Des représentants du ministère de l’Environnement du Québec seront aussi de la rencontre pour présenter la procédure d’évaluation environnementale du projet, a appris La Tribune.

On s’attend à ce qu’ils annoncent que les audiences publiques du BAPE auront lieu en juin-juillet.

« Le projet sera soumis aux audiences publiques du BAPE, qui devraient, en théorie, commencer sous peu », a confirmé par courriel à La Tribune le cabinet du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Benoit Charette.

Cette mise à jour du dossier arrive tout juste un an après l’annonce conjointe faite à Lac-Mégantic par les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard, le 11 mai 2018, qu’il y aurait une voie de contournement pour sortir les trains du centre-ville.

Les coûts de construction du tracé de 12,8 km ont été évalués à 133 millions $ et seront assumés à 60 % par Ottawa et à 40 % par Québec.

Le nouveau tronçon nécessite l’acquisition de 82 terrains ou parcelles de lots, appartenant à 44 propriétaires, dont 26 à Lac-Mégantic, 12 à Frontenac et 6 à Nantes.

L’échéancier de Transports Canada prévoit la construction en 2020-2022 et le démantèlement de la voie existante en 2023, dix ans après la tragédie ferroviaire.

« Je me fie sur la rencontre de la semaine prochaine pour savoir où ils en sont rendus et où ça s’en va parce qu’on est au courant d’à peu près rien, commente le maire de Frontenac, Gaby Gendron. Comme c’est là, on n’en a pas entendu parler de tout l’hiver. »

Dans sa municipalité, ce sont 12 propriétaires qui sont visés par le tracé retenu.

« Ils ont hâte de savoir si ça va se faire ou non. Il y en a qui ont des projets, qui veulent construire un garage ou une cabane à sucre, mais si la voie de contournement passe chez eux, ils ne pourront pas bâtir. Alors ils sont dans l’incertitude et il n’y a rien de pire que l’incertitude. Eux autres ils ont juste hâte de savoir ce qu’il en est. »

Gare de triage

Rappelons qu’avec ses homologues maires de Lac-Mégantic et de Nantes, M. Gendron a vainement tenté de faire modifier le tracé retenu par le gouvernement fédéral. Ils ont essuyé une fin de non-recevoir compte tenu des coûts importants des autres tracés étudiés.

Le maire Gendron espère maintenant que le projet a été au moins modifié pour pouvoir installer les opérations de triage ferroviaire, qui se font actuellement à Nantes, dans le parc industriel de Lac-Mégantic.

« Dans le projet c’est à Nantes et à Frontenac et on a demandé que la gare de triage soit dans le parc industriel, explique-t-il. C’est clair net et précis qu’on ne veut pas de gare de triage à Frontenac. C’est une question de sécurité pour nos citoyens. »

Cette demande a d’ailleurs rallié les trois municipalités, la MRC du Granit, la Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, ainsi que les entreprises du parc industriel. Le ministre des Transports Marc Garneau se serait lui-même montré ouvert à analyser cette possibilité.

Sur le terrain, les travaux de relevés géotechniques ont été visibles l’automne et l’hiver derniers.

Le gouvernement fédéral doit maintenant recruter des évaluateurs pour préparer les indemnisations qui seront offertes pour acquérir les terrains.

Des 44 propriétaires qui recevront une offre, 33 sont des producteurs agricoles ou forestiers pour qui le Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec s’emploie à négocier une entente-cadre depuis plusieurs mois.

Cette entente permettrait d’en arriver à une base de discussion équitable pour tous les producteurs qui, bien sûr, devront ensuite négocier individuellement avec le gouvernement, explique son président André Roy.

En entrevue avec La Tribune, M. Roy s’est dit optimiste pour la suite des choses. « Transports Canada a montré une belle ouverture d’esprit et on va arriver à une entente qui va être satisfaisante pour toutes les parties, croit-il. On a énormément progressé dans les 15 derniers jours et c’est de bon augure. »

M. Roy n’a pas voulu élaborer sur le contenu de la négociation mais il entend s’adresser à « ses » producteurs la semaine prochaine.

« On n’a pas d’avis à émettre sur la pertinence de la voie de contournement et on l’a dit dès le départ à nos producteurs, rappelle-t-il. Il y a une fatalité que la voie de contournement va passer. Autant en tirer le meilleur parti. »

Deux séances d’informations sont prévues le jeudi 16 mai, à 13 h 30 et à 18 h 30, au Centre sportif Mégantic.