Jacques Demers, président de la FQM.

Transport de liquides inflammables: Garneau appelé à intervenir

LAC-MÉGANTIC – La Fédération québécoise des municipalités (FQM) n’a pas pris de temps à réagir à la décision du Bureau de la sécurité des transports (BST) de retirer le transport de liquides inflammables par train de sa liste de surveillance. Jacques Demers, président de la FQM, s’est dit très préoccupé par cette décision du BST. Il a rapidement demandé au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, d’intervenir pour que le BST revienne sur sa position. La Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic souhaite aussi que le BST revienne sur sa décision.

M. Demers a exprimé par voie de communiqué qu’il « ne comprend pas du tout les raisons qui ont mené le BST à prendre une telle décision. Pas plus tard que cet été, un train transportant du diésel et du propane a déraillé à Saint-Polycarpe. Heureusement, personne n’a été blessé, mais les risques sont toujours présents. » Il a rappelé que plus de 500 municipalités au Québec sont traversées par une ligne de chemin de fer, susceptibles de subir un accident impliquant le transport des matières dangereuses.

« On se remet à peine de la tragédie de Lac-Mégantic qui a coûté la vie à 47 personnes. Si on relâche notre vigilance, c’est clair qu’on augmente les risques qu’une nouvelle tragédie se produise. Le gouvernement se doit de rassurer la population et de maintenir la surveillance du transport des liquides inflammables par train de la part du BST. Il en va de la sécurité de tous », a conclu M. Demers.

La FQM est confiante que le ministre Garneau va se rendre à ses arguments et faire reculer le BST.

Le porte-parole de la coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, a également fait connaître son mécontentement. « C’est inconcevable que le BST baisse les bras et cesse de surveiller le transport par trains des liquides inflammables. Nous joignons notre voix à la FQM, que nous félicitons pour sa prompte réaction. Surtout quand on consulte les statistiques de 2018 jusqu’à maintenant, produites par le BST lui-même, que les déraillements en voies principales par province ont augmenté considérablement. Il y en a eu 77 en 2018 au Canada, comparativement à 60 en 2017. Ceux impliquant des matières dangereuses ont passé de 5 en 2017 à 14 en 2018! Et l’année n’est pas encore terminée! »

« En février dernier, le BST avait signalé qu’en 2017 le nombre d’accidents ferroviaires, au Canada, avait augmenté énormément. On comprend très mal la décision du BST de cesser cette surveillance sur la foi de ces statistiques. Nous avons également appris que 230 000 barils de pétrole brut sont actuellement transportés chaque jour sur des rails au Canada, alors que c’était 150 000 barils par jour en 2013, au moment de la tragédie de Lac-Mégantic. Surtout que les spécialistes prévoient que ce sera plus de 500 000 barils/jour d’ici un an », ajoute M. Bellefleur.