Claude Dallaire
Claude Dallaire

Tarification: Ski & Golf Mont-Orford sommé de reculer

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Forte d’une pétition ayant amassé plus de 10 000 noms en quelques jours, la Coalition SOS Parc Orford se lance dans la bataille contre la tarification de l’accès à la montagne d’Orford.

L’organisme qui reprend du service après s’être soulevé contre la privatisation du mont Orford de 2006 à 2010,  promet un mouvement provincial si la Corporation Ski & Golf Mont-Orford ne recule pas dans sa décision de faire payer les marcheurs voulant grimper la montagne.

« Je le fais pour mes enfants et les enfants de mes enfants », a lancé avec émotion Claude Dallaire, coordonnateur de la coalition, quand on lui a demandé s’il était prêt à entrer une autre fois dans une bataille épique.

« Je ne suis pas prêt. Mais je le fais pour les générations futures. La corporation a quelques heures, quelques jours pour reculer. Nous savons où nous en allons. Des gens devront allumer. »

L’organisme offre son soutien aux 10 000 citoyens qui demandent par la pétition le retrait de la tarification des marcheurs au Mont-Orford. Ils proposent la création d’un groupe de travail pour trouver une solution qui soit respectueuse de la vision prônée de garder l’accessibilité aux terres publiques du Mont-Orford. 

Dans une lettre ouverte publiée sur les plateformes de La Tribune jeudi matin, Jacques Demers, président de la Corporation Ski & Golf Mont-Orford, expliquait que cette tarification se justifie pour assurer la pérennité du centre récréatif.

Jacques Demers

La pétition a été lancée le 24 mai par le Magogois Patrick Lagrandeur. Le message s’oppose à la tarification annoncée par la direction du centre récréotouristique pour ceux qui accèdent aux pistes de ski en saison estivale. 

« Tout cela a débuté quand on a voulu aller à la montagne ce printemps. Les options de plein air sont limitées. Les travaux sont terminés, mais on ne pouvait y aller, raconte-t-il. Le Mont-Orford devient la seule station de ski qui fait payer pour avoir accès à ses pentes l’été. Aucun autre centre de ski dans la région ou en Nouvelle-Angleterre n’exerce de droits d’accès et ceci pourrait s’avérer néfaste pour la région. »

« Je ne pensais pas que la pétition recueillerait autant de noms. Il y a vraiment un mécontentement dans la population. Cette décision a été prise sans consultation de la population. Or, une consultation devrait avoir lieu à chaque fois qu’une décision doit être prise sur des terres publiques vouées à la conservation. »

Patrick Lagrandeur

Mélanie Desrochers, membre de la Coalition SOS Parc Orford, demande à la corporation du Mont-Orford la suspension immédiate de la tarification, « le temps d’explorer d’autres avenues avec les parties prenantes de la région. Ceci pourra être fait via la création d’un groupe de travail, auquel nous souhaitons contribuer afin de régler la situation dans la transparence et dans l’intérêt de tous », dit-elle.

« Nous sommes capables de trouver une solution. Il faut demande l’avis du public. » 

Claude Dallaire souhaite voir les chiffres de la corporation. Il demande qu’on justifie l’importance pour l’organisme de gestion d’aller chercher 300 000 $ pour couvrir les frais pour ouvrir la montagne aux marcheurs.

« Est-ce que la corporation fonctionne à perte? Nous voulons voir les rapports financiers. La corporation reçoit de l’argent des municipalités de la région. C’est de l’argent public. Nous voulons nous assoir avec la direction de la corporation pour trouver une solution. » 

Rappelons que la Coalition SOS Parc Orford s’est battue de 2006 à 2010 pour assurer le respect de la Loi sur les parcs et pour empêcher la vente de 459 ha au profit d’un développement immobilier à la base du Mont-Orford. Ce groupe a mobilisé plus de 86 000 citoyennes et citoyens du Québec.  

Une famille de deux adultes et deux enfants résidant dans la MRC pourra accéder gratuitement à la montagne jusqu’à la fin de 2020 et déboursera 8 $ par visite dès 2021, ou 40 $ pour un abonnement annuel familial. Ces montants doublent pour les touristes provenant de l’extérieur de la MRC, mais demeurent accessibles lorsqu’on compare à la tarification en vigueur dans d’autres sites récréotouristiques, indique la corporation.

Mélanie Desrochers