La famille de Claire Lecointre, une résidente d’Orford, a pu mettre la main sur deux génératrices pour pallier la panne.

Survivre six jours sans électricité

Une journée sans eau ni électricité peut parfois sembler être une éternité. Imaginez quand une panne électrique dure près de six jours. Habitant Orford, la famille Lecointre a été confrontée à un tel scénario avant d’enfin retrouver le confort de la vie moderne mercredi. Elle est maintenant davantage capable d’apprécier tout un tas de petites choses de la vie courante qu’on pense acquises à tout jamais.

La longue panne de courant qui a touché la famille de Claire, Alexandre et Arsène Lecointre a commencé vendredi dernier vers 11 h le matin. Personne n’était présent dans la maison, située à Orford, quand une grosse branche d’arbre est tombée sur des fils électriques non loin de la demeure familiale.

« Moi et mon conjoint, on était au travail à ce moment-là, mais il a fallu qu’on rentre parce qu’il n’y avait plus de courant où on travaillait l’un et l’autre. On a démarré notre petit poêle à gaz et notre foyer au bois pour essayer de garder la maison chaude à notre arrivée. On a aussi fait le tour de notre résidence pour voir si des arbres ou des branches pouvaient présenter un danger », explique Mme Lecointre.

Preuve sans doute que ces Français d’origine ont un bon réseau d’amis au Québec, ils ont pu mettre la main sur deux génératrices dans les heures et les jours ayant suivi le début de la panne. La plus petite des deux génératrices leur a été utile pour faire fonctionner le réfrigérateur et le congélateur, mais ils n’ont pas pu utiliser la plus puissante pour des raisons techniques.

« On a été en mesure de constater à quel point il y a de la solidarité au Québec. On a eu l’aide d’une série d’amis. On ne voulait pas abuser de personne, mais on a même fait la lessive et pris des douches chez certains. En plus, nos voisins venaient nous voir pour s’assurer que tout allait bien », raconte Claire Lecointre.

Mme Lecointre affirme qu’elle ne se serait jamais attendue à demeurer si longtemps sans électricité, d’autant plus qu’elle n’avait jamais vécu une telle situation en France. Elle affirme que le « plus difficile a été d’être privé d’eau tout ce temps ».

À ce sujet, elle souligne avoir utilisé une partie des services offerts aux sinistrés par le Canton d’Orford. « J’ai été bien accueillie par les gens de la municipalité, mais ça aurait été bien si l’information concernant ce qu’ils avaient à nous proposer avait plus circulé. »

Âgé de cinq ans, le fils Arsène a semble-t-il eu davantage de plaisir que ses parents durant la panne. « On est allé au cinéma et au restaurant. Et puis on couchait au sous-sol tous dans la même pièce un peu comme en camping. Notre fils a trouvé ça génial », lance Claire Lecointre.

1100 clients touchés

Selon les données disponibles sur le site d’Hydro-Québec mercredi en fin de journée, il y avait toujours plus d’une centaine de pannes de courant sur le territoire de l’Estrie. Ces pannes touchaient tout près de 1100 clients.

« Nous sommes conscients que la situation peut s’avérer difficile pour vous. Soyez assurés que nos équipes travaillent à rétablir le service le plus rapidement possible. Grâce aux 1500 travailleurs sur le terrain, plus de 99,5 pour cent des clients touchés par la tempête ont recouvré l’électricité. Au plus fort de l’événement, il y avait environ 990 000 clients en panne au Québec », indiquait Hydro-Québec sur son site internet.

Notons en terminant que le centre sportif de l’école de la Ruche, à Magog, continue à recevoir les sinistrés qui désirent prendre une douche. Le centre accueillera les citoyens entre 16 h et 21 h 15 jeudi. Une collecte spéciale de branches aura par ailleurs lieu dans cette ville durant la semaine du 18 novembre.