La Méganticoise Josée Morin se fait la porte-parole de plusieurs personnes présentes à l’assemblée extraordinaire du conseil des maires de la MRC du Granit, le 18 juillet dernier, lors de laquelle de nombreux citoyens se sont exprimés avec colère.

Son terrain menacé d’être séparé en deux

Josée Morin souhaite se faire entendre au sujet du tracé retenu avec fermeté par les gouvernements fédéral et provincial, pour la voie de contournement ferroviaire évitant le centre-ville de Lac-Mégantic.

La Méganticoise se fait la porte-parole de plusieurs personnes présentes à l’assemblée extraordinaire du conseil des maires de la MRC du Granit du 18 juillet dernier.

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Josée Morin projette de se construire une maison à Nantes, sur un terrain d’un développement domiciliaire qu’elle et son conjoint ont acheté, mais qui est menacé d’être séparé en deux par le tracé retenu.

« Nous allons être 44 nouvelles victimes où le tracé de la voie de contournement ferroviaire va passer, sans compter qu’il va affecter une seconde fois des familles des victimes de la tragédie. [...] Les gouvernements font preuve d’immoralité et d’insensibilité à leur égard. Surtout après avoir dit que l’acceptabilité sociale du projet était importante », estime Mme Morin, qui ne veut pas qu’on mette l’accent sur sa situation, qu’elle juge moins dramatique que celles de bien d’autres.

Elle cite notamment les nouveaux propriétaires de la Cabane à sucre Mégantic, Arianne Tremblay et Nicolas Charrier, qui risquent de perdre leur entreprise, car ce tracé passe sur leur champ d’épuration, à environ 150 pieds de leur salle à manger.

Plusieurs autres personnes ont exprimé leur mécontentement à propos du refus du tracé proposant des variantes pour diminuer les impacts à Nantes et Frontenac, qui occasionneraient une hausse des coûts de 5 M$ à Nantes par rapport au budget prévu de 133 M$.

« Ces 5 M$ seraient mieux investis pour traverser la voie au nord de la route 161, à Nantes, alors que ce sera insuffisant pour dédommager la perte des développements résidentiels de plus de 300 emplacements, incluant du commercial. Ce sont les seules terres zonées blanc de Nantes, dont le développement se trouverait automatiquement freiné », continue Josée Morin. 

Celle-ci rappelle les mots d’Isabelle Boulanger, qui a exprimé son inquiétude par rapport au dynamitage de 125 pieds de profond dans le cap, à Frontenac, et du danger de contaminer par fissuration la nappe phréatique qui alimente la ville de Lac-Mégantic en eau potable. « Et que dire de la situation de sa mère, Yolande Boulanger, dont la ferme sera séparée en deux, avec les vaches de l’autre côté de la maison et de l’étable? » questionne Josée Morin.

Elle s’interroge également de la somme de 1,9 M$ prévue pour dédommager les citoyens lésés, qu’elle estime « totalement ridicule ».