Le président de Memphrémagog conservation Robert Benoit.

Site d’enfouissement de Coventry : la résistance s’organise au Vermont

Le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, déplaît à de nombreux résidants de la région de Newport, une municipalité située à l’extrémité sud du lac Memphrémagog. Lors d’une assemblée publique organisée par un groupe baptisé DUMP, plusieurs citoyens du secteur ont décrié les intentions de la compagnie Casella Waste Systems.

Acronyme pour Don’t Undermine Memphremagog Purity, DUMP a été créé il y a peu de temps. Ce groupe souhaite forcer les autorités du Vermont à réfléchir à la question de l’enfouissement des déchets. Le site de Coventry pourrait encore être agrandi de façon importante, ces prochaines années, et le groupe mené par Henry Coe croit qu’un tel projet serait contraire aux intérêts de milliers de citoyens ici et aux États-Unis.

« Casella souhaiterait procéder à un agrandissement sans que personne ne s’aperçoive de rien. Mais on désire de la transparence. Et on ne veut plus être la toilette de l’État du Vermont », a confié M. Coe à La Tribune avant le début de l’assemblée de lundi soir, qui a réuni plus de 120 personnes.

Prenant la parole en début de rencontre, M. Coe a souligné que son groupe ne comptait qu’une poignée de militants au départ, mais que de nombreuses personnes ont rapidement signifié leur intérêt pour ce qu’il tente d’accomplir. « On a déjà beaucoup d’amis », a-t-il indiqué.

Parmi ces « amis », on retrouve les dirigeants de l’organisme environnemental Memphrémagog conservation, qui ont dans le passé maintes fois émis des réserves à l’égard des activités de Casella Waste Systems dans le nord du Vermont.

« Casella a réalisé une série d’agrandissements au cours des dernières années. Au début, on était seulement cinq ou six qui s’inquiétaient par rapport à ce qui se passait à Coventry et je dirais que, pendant un bon bout de temps, on n’avait pas d’allier dans ce dossier aux États-Unis. Mais les choses semblent changer avec l’arrivée de ce groupe », affirme Robert Benoit, président de Memphrémagog conservation.

Réservoir d’eau potable

Présent à la rencontre de lundi, M. Benoit a profité de l’occasion pour demander que le lac Memphrémagog soit reconnu comme un réservoir d’eau potable aux États-Unis. Les habitants de la région de Newport ne boivent pas son eau, toutefois des dizaines de milliers de résidents de Sherbrooke et Magog la consomment quotidiennement.

Directrice générale de Memphrémagog conservation, Ariane Orjikh a quant à elle attiré l’attention sur l’usine de traitement de Newport, qui traite le lixiviat provenant du site d’enfouissement de Coventry. L’eau rejetée par cette usine aboutit dans le Memphrémagog et plusieurs prétendent qu’elle contient des contaminants qui ne devraient jamais se retrouver dans un lac.

Appartenant à l’Agency of Natural Resources, Cathy Jamieson a noté que des tests approfondis sont en cours de réalisation afin de savoir ce que cette eau contient. Elle a laissé entendre que, durant des années, on a négligé d’effectuer tous les tests nécessaires afin de savoir si elle représentait un danger ou non.

Le président du conseil de la petite localité de Coventry, Michael Marcotte, n’a pas pris la parole lors de la soirée, mais il était présent à l’assemblée. En marge de la rencontre, il a plaidé pour que les gens s’informent au sujet du site d’enfouissement.

« Je comprends les gens du Québec et les citoyens inquiets dans notre secteur. Mais je trouve que ce serait bien que la population comprenne comment ça fonctionne un site semblable. Et, pour ça, le mieux c’est d’aller visiter l’endroit, ce qu’il sera possible de faire samedi. Vous savez, le démarrage de lieux comme ça est très dispendieux. On ne peut pas en démarrer facilement », a soutenu M. Marcotte.