L’Estrie figure parmi les meilleures régions de la province en ce qui concerne le nombre de livres de sirop dérable produit par entaille. Le rendement a été de 3,88 livres ce printemps.
L’Estrie figure parmi les meilleures régions de la province en ce qui concerne le nombre de livres de sirop dérable produit par entaille. Le rendement a été de 3,88 livres ce printemps.

Sirop d’érable: l’Estrie dans le peloton de tête

On savait que la production de sirop d’érable en Estrie avait été bonne cette année. On a maintenant les chiffres pour en connaître l’ampleur. On peut même parler d’une production exceptionnelle!

L’Estrie figure parmi les meilleures régions de la province en ce qui concerne le nombre de livres de sirop par entaille. Le rendement a été de 3,88 livres par entaille. Seule la Montérégie a fait mieux avec un impressionnant taux de 4,25 livres par entaille. La moyenne provinciale est de 3,59.

À LIRE AUSSI: Une excellente saison pour la quantité et la qualité du sirop

L’an dernier, ce rendement en Estrie se situait à 3,45. L’année précédente, il n’avait été que de 2,88 livres par entaille. Les années 2016 et 2017 avaient donné de meilleurs rendements avec des ratios de 3,79 et de 3,38 respectivement.

Ce printemps, le nombre d’entreprises acéricoles était un peu plus important qu’en 2019. Selon les chiffres des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), il y avait 822 entreprises en production, contre 815 l’an dernier.

Aussi, le nombre d’entailles était de près d’un million (953 582) plus élevé qu’en 2019. La PPAQ explique cette bonne performance par la météo qui a été particulièrement favorable ce printemps et à des équipements plus modernes dans les cabanes à sucre de la province.

Malgré la pandémie

Le Québec a connu une récolte record de sirop d’érable, malgré la pandémie de COVID-19 qui est venue assombrir la saison des sucres. Les PPAQ estiment que la production s’est élevée à plus de 175 millions de livres de sirop d’érable pour l’ensemble de la province, comparativement à une moyenne de 120 millions de livres au cours des 10 années précédentes.

L’ajout de 2,3 millions d’entailles dans les deux dernières années peut permettre d’expliquer cette coulée exceptionnelle, avance-t-on.

Le printemps tardif y serait également pour quelque chose, car le rendement par entaille s’est établi à 3,59 livres en moyenne, contre 2,91 livres au cours des dix dernières années. Selon les PPAQ, les directives de la santé publique ont contraint les acériculteurs à réviser leurs manières de faire pour la livraison des barils de sirop d’érable, les ventes directes à la ferme, le nettoyage des équipements et les déplacements entre régions, entre autres. Plusieurs disent avoir dû se tourner vers le commerce en ligne pour vendre directement le sirop aux consommateurs.

« Cette drôle d’année restera sans aucun doute gravée dans nos mémoires et dans l’histoire de notre organisation ! », a déclaré Serge Beaulieu, président du regroupement de 11 300 producteurs et 7400 entreprises acéricoles.

Les PPAQ disent assurer environ 72 % de la production mondiale de sirop d’érable.

Mais si la production se porte mieux que jamais, la saison des sucres s’est révélée éprouvante pour les cabanes commerciales qui se fient beaucoup aux revenus générés par leur salle à manger, fermées en pleine haute saison pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. Du côté des acheteurs, le Conseil de l’industrie de l’érable (CIE) souligne que la demande pour les ventes au détail est demeurée « très forte jusqu’ici ». 

On espère néanmoins que le monde de l’hôtellerie et de la restauration, de même que les boutiques-cadeaux et les institutions, plus durement touchés par la crise sanitaire, recommenceront sous peu à s’approvisionner comme auparavant.