Patrick Maillé et Catherine Litalien ont quitté leurs emplois et loué leur maison à Orford pour partir sillonner les Amériques dans un autobus qu’ils ont converti en véhicule récréatif.

Sillonner les Amériques dans un bus retapé

Après avoir vécu une jeunesse parsemée de voyages – dont un an de sac au dos en Asie du Sud-Est –, Catherine Litalien et Patrick Maillé ont chacun trouvé un bon emploi, et se sont fait construire une maison à Orford. Les deux amoureux avaient-ils décidé que c’était le temps de retrouver un peu de stabilité dans leur vie? Pas tout à fait.

« On était rendus à un stade où on avait deux choix : soit on s’installait, on avait des enfants et on vivait notre petite vie tranquille; soit on décidait de vivre une autre aventure avant de s’installer. On s’est dit que c’était un bon moment pour l’aventure », raconte Catherine, en direct du Mexique.

Il faut dire que le couple n’a pas fait les choses à moitié. Catherine et Patrick ont décidé de convertir un petit autobus scolaire de 20 places en véhicule récréatif, de louer leur maison pendant un an et de partir sillonner les Amériques, avec comme objectif de se rendre jusqu’en Patagonie, complètement au sud du continent.

« On a eu comme une petite crise de la trentaine et on s’est dit : est-ce qu’on va travailler toute notre vie comme en espérant avoir la santé pour voyager à notre retraite? Ou on est mieux d’en profiter quand on est jeune? Veut, veut pas, on voit des gens autour de nous être malades, ou ne plus avoir les mêmes rêves et désirs aventuriers à la retraite, et ça fait réfléchir », explique la jeune femme.

Un bus de rêve

L’idée des deux complices était au départ de partir en voilier, mais ils n’ont pas aimé les contraintes logistiques que ce type de véhicule impliquait (frais dans les marinas, location continuelle de véhicules pour visiter, espace restreint à bord, etc.).
Ils ont ensuite considéré acheter un véhicule récréatif plus classique, mais le prix les en a découragés. Une amie leur a suggéré d’acheter un petit autobus et de le retaper. Après l’avoir magasiné pendant six mois, ils ont trouvé la perle rare à Saint-Amable.

« La partie qui a été la plus difficile dans toute notre aventure, c’est quand mon chum a converti l’autobus en camper pour qu’on puisse partir. Ça lui a pris six mois! Il s’est amusé, il connaissait ça pas mal. »

Ce qui était au début un bus avec des bancs de cuir rouge est devenu un petit appartement sur roulettes, avec un lit permanent, un évier double, l’eau courante, un système de chauffage, un frigo, un congélateur, un four, un barbecue et une douche à l’extérieur. Le confort!

Du plein air à temps plein

Depuis qu’ils ont démissionné de leurs emplois (Catherine, 29 ans, travaillait pour BRP; Patrick, 34 ans, est électricien), les deux Orfordois font du plein air à temps plein. Sur leur page Facebook et leur compte Instagram, ils partagent des photos magnifiques, et filment même leurs escapades avec un drone. Leurs images ont de quoi faire rêver.

« Le mieux dans tout cela, c’est d’avoir la liberté de faire ce dont on a envie chaque jour, de découvrir des endroits dont on ne connaissait même pas l’existence. L’autre soir, on a été dormir sur le bord de l’eau, où les baleines grises descendent au Mexique pour aller accoucher de leurs bébés, et on s’est réveillés avec les baleines. C’est quand même fascinant », raconte Catherine.

« En plus, on a le temps de pratiquer nos hobbys, on va pêcher, on apprend l’espagnol, la guitare... Quand on travaillait 35 heures par semaine, qu’on faisait du temps supplémentaire et qu’on rentrait pour souper, on n’avait pas vraiment le temps de faire tout ça. »

Ça fait maintenant 4 mois que le couple est parti, et le compteur du bus a augmenté de 20 000 km. Ils aiment tellement leur périple qu’ils espèrent que les locataires de leur maison la prendront pour une deuxième année, histoire de poursuivre le voyage.

« Ne plus avoir de revenu, ça te sort de ta zone de confort, confirme Catherine. Plusieurs personnes de notre entourage ne comprenaient pas pourquoi on a lâché ce qu’on avait construit pour partir. Moi aussi, à un certain moment, je pensais que ce n’était pas raisonnable, mais je ne regrette aucunement notre décision. On a tous deux fait des études et on a de l’expérience. Des emplois, il va toujours y en avoir, mais des occasions de voyager et de découvrir le monde, pas nécessairement. On ne veut pas passer à côté de ça. »

« Notre génération, on a le loisir de faire beaucoup de choix. C’est n’est pas comme avant, quand tu devais devenir boucher si ton père l’était, et que tu devais tout de suite travailler pour faire vivre ta famille... Il faut saisir ou créer les occasions de faire ce qu’on a vraiment envie de faire », résume Catherine.

On peut suivre les aventures du couple sur la page Facebook D BUS LIFE et sur le compte Instagram D_BUS_LIFE.