Vicky Fillion devra fermer le refuge pour animaux errants qu’elle tient à bout de bras, à Saint-Sébastien. Elle pose avec ses filles, Kayla, 3 ans, et Mégane, 6 ans.

Services animaliers Aux mille et une Pattes : le MAPAQ réitère ses exigences

LAC-MÉGANTIC — Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec ne bronche pas devant la fermeture du refuge pour animaux errants de Vicky Fillion à Saint-Sébastien, qui a baissé les bras devant la somme des critères, règlements et normes à respecter pour obtenir un permis de cette instance.

Contactée par La Tribune, la relationniste de presse du MAPAQ, Mélissa Lapointe, a d’emblée précisé qu’il lui était impossible de commenter les cas particuliers comme celui des Services animaliers Aux mille et une Pattes de Mme Fillion.

Elle n’a pu qu’apporter des précisions au sujet des règles d’obtention d’un permis pour l’exploitation d’un lieu de recueil de chats ou de chiens, en vue de le transférer vers un nouveau lieu de garde, de l’euthanasier ou de le faire euthanasier par un tiers, selon le jargon du ministère, pour la notion de refuge.

Les mêmes règlements s’appliquent d’ailleurs pour une fourrière, une société protectrice des animaux (SPA) ou une Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), a-t-elle néanmoins précisé.

Dans son édition de lundi dernier, La Tribune relatait l’histoire de Mme Fillion qui croyait pouvoir opérer un vrai service de refuge pour animaux errants dans le 4e rang de Saint-Sébastien, alors que la MRC du Granit reconnaît un problème d’errance des animaux sur son territoire et déplore que les SPA de Saint-Georges-de-Beauce et de Sherbrooke n’interviennent plus sur ce territoire.

Pour ce qui est de la SPA qui dessert toute la région de la Beauce, soit la SPA Beauce-Etchemin, basée à Beauceville, la propriétaire bénévole, Brigit Hamel, a donné suite aux courriels de demande d’informations du journaliste de La Tribune, en le félicitant d’être la voix de la majorité silencieuse, au nom des animaux.

Elle croit que l’euthanasie n’est pas une solution à l’errance des animaux et que c’est encore moins de bâtir des refuges.

« Il faut vraiment que le sort des animaux de compagnie s’améliore au Québec. L’euthanasie et les refuges ne sont que des moyens pour aider. Ce qu’il faut, ce sont des règlements plus sévères. La majorité des municipalités n’a pas de système de médailles pour les chats. Cela ne fait pas de sens, car c’est la problématique de toutes les villes, la surpopulation féline », soutient Mme Hamel.

« Celles qui sont parvenues à contrôler cette errance, se sont tournées vers l’interdiction d’adopter un animal sans passer par un refuge éthique et ont obligé la stérilisation. Les animaux y sont aussi micropucés, comme à Calgary et Toronto. La Ville de Laval est en train d’emboîter le pas. »

Elle donne raison à Vicky Fillion à propos des conditions pour obtenir un permis de refuge du MAPAQ.

« Pour réaliser son projet, elle doit avoir de l’aide par des ententes avec les municipalités du Granit. Un projet de règlements harmonisés, c’est positif. Une fois le règlement approuvé, elle pourra offrir ses services. Nous n’avons pas de contrats avec des municipalités ou refuges du Granit. C’est arrivé, avant que nous soyons en surpopulation, d’accepter des animaux errants provenant de ces municipalités, mais elles devaient défrayer les coûts d’abandon », a-t-elle conclu.