La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, soutient que la sécurité ferroviaire s’est améliorée au Canada ces dernières années, mais elle estime qu’il reste encore du chemin à parcourir.

Sécurité ferroviaire : encore beaucoup de chemin à parcourir

Très intéressée par la question de la sécurité ferroviaire depuis 2013, la mairesse de Magog et présidente de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Vicki-May Hamm, estime que les autorités compétentes démontrent une réelle ouverture à l’égard des demandes municipales en matière de transport par train.

« J’ai l’impression qu’on a l’oreille du provincial et du fédéral et qu’on est considéré comme un partenaire par rapport à la sécurité ferroviaire. C’est vrai qu’il y a de la lenteur, mais pas un manque d’ouverture. Vous savez, ce qu’il faut changer, c’est de la législation lourde et ça ne se fait pas en claquant des doigts », déclare Mme Hamm, qui est également membre du Groupe sur la sécurité ferroviaire de la FCM.

Évidemment, la mairesse de Magog est heureuse que les compagnies ferroviaires soient maintenant tenues d’offrir plus d’informations aux municipalités en ce qui a trait aux contenus des trains.

« Une directive temporaire nous permet de savoir quelles choses sont passées en train par notre territoire. Avec ce genre d’information, on peut mieux planifier nos mesures d’urgence localement » , fait valoir Vicki-May Hamm.

Cela dit, il semble que ce ne sont pas toutes les compagnies ferroviaires qui adoptent le comportement réclamé par la directive. « L’information est donnée rapidement à certains endroits alors que c’est le contraire ailleurs. Nous, à Magog, on a demandé à quelques reprises à la Central Maine et Québec de nous transmettre ce type d’info et on n’a jamais rien reçu. Disons que ça me fatigue. »

Sans surprise, Mme Hamm espère que le gouvernement fédéral continuera d’exiger plus de transparence de la part des compagnies ferroviaires. « La directive temporaire sur le dévoilement du contenu des wagons doit devenir permanente », suggère-t-elle.

Dans la foulée, la mairesse de Magog plaide pour que la « liste des matières dangereuses soit mise à jour », ce qui permettrait également d’accroître l’efficacité des mesures de sécurité entourant l’industrie.

Des progrès

La mairesse Vicki-May Hamm, comme des milliers d’autres Québécois, se souvient très bien de ce qu’elle a ressenti dans les jours et les semaines après la tragédie de Lac-Mégantic. Elle avait d’ailleurs voulu épauler la communauté touchée et s’était notamment rendue à Washington en compagnie de l’ex-mairesse Colette Roy Laroche pour demander un resserrement des règles en matière de transport par train.

« Je me souviens de Colette qui disait à Washington qu’on ne devait surtout pas oublier Lac-Mégantic. Ce dont il faut se rappeler, c’est que ce genre de tragédie n’est pas l’affaire que d’une communauté. Un déraillement, ça peut se produire à bien des endroits. »

Selon la mairesse de Magog, l’industrie du transport ferroviaire au Canada est mieux encadrée maintenant qu’avant la tragédie de Lac-Mégantic. Elle évoque en outre le resserrement des règles en ce qui concerne le stationnement des trains et les wagons utilisés pour le transport du pétrole.

Elle croit toutefois qu’il reste « beaucoup de travail à faire » pour rendre le transport ferroviaire parfaitement sécuritaire au Canada. « Il nous faut un répertoire complet des sections de voies ferrées présentant des risques élevés et où les trains ont vraiment besoin de surveillance. Des travaux seraient aussi nécessaires à bien des endroits pour sécuriser les passages à niveau, qui sont parfois source d’accidents », estime-t-elle.

Mme Hamm souligne par ailleurs que la FCM a produit un guide pour expliquer ce qu’il est possible d’aménager en « périphérie » des voies ferrées. Elle aimerait que ce guide serve d’outil de référence sans devenir une bible.

« On espère que le fédéral ne commencera pas à émettre toute une série de consignes concernant les aménagements aux abords des rails. Les enjeux ne sont pas les mêmes d’un bout à l’autre du pays alors il faut que les communautés conservent une marge de manœuvre. »

Vicki-May Hamm salue la contribution de l’ex-mairesse de Bromont, Pauline Quinlan. Cette dernière a fait partie du comité d’examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire, que le gouvernement fédéral désire renforcer. « C’était important d’avoir quelqu’un de la région sur ce panel, je pense. »