La MRC du Haut-Saint-François tente sans succès de modifier son schéma de couverture incendie depuis 2014.

Schéma de couverture incendie : les longs délais du Ministère exaspèrent le HSF

Le très long délai pour la mise en place d’un nouveau schéma de couverture de risque pour la sécurité incendie dans la MRC du Haut-Saint-François commence à exaspérer les municipalités. Elles demandent au ministère de la Sécurité publique (MSP) de mettre en place une solution pour protéger les municipalités d’éventuelles poursuites.

C’est que le temps de réponse des pompiers lors d’un incendie inscrit dans le schéma actuel ne correspond pas du tout à la réalité. Les municipalités sont donc « vulnérables » à des poursuites.

« On a déposé notre premier schéma en septembre 2010, mais comme on a été dans les premiers à le faire, on avait peut-être mal compris, admet Nathalie Bresse, mairesse d’Ascot Corner. On avait écrit le schéma selon les attentes du Ministère et non selon ce qui était atteignable pour nous. »

« On a marqué dans notre schéma qu’on aurait 10 pompiers en 10 minutes, mais ça n’arrivera jamais, ajoute Mme Bresse. On a dit au Ministère qu’on allait changer ça et rallonger les temps de réponses. »

Donc, depuis 2014, la MRC tente de modifier son schéma en faisant affaire avec le MSP, mais sans succès.

 « Ils nous disent toujours qu’il y a quelque chose qui ne marche pas, souligne Mme Bresse. Ils ont eu aussi beaucoup de mouvements de personnel donc, six ans plus tard, notre réécriture du schéma n’a toujours pas été accepté et il y a des municipalités qui s’inquiètent. S’il y a un feu, on le sait qu’il n’y aura pas 10 pompiers en 10 minutes. On peut se faire poursuivre et c’est la municipalité qui va payer pour ça? Ça n’a pas de sens. »

Nathalie Bresse confirme que la MRC n’a pas eu de poursuite jusqu’à maintenant.

« Je n’aurais pas de misère à aller devant la cour et défendre mon point, résume-t-elle. On a plein de preuves et de papiers qu’on demande de changer le schéma depuis 2014. »

« C’est de nous donner un break et d’avoir du gros bon sens, mentionne pour sa part le maire de Bury, Walter Dougherty. Si les gars ont fait leur possible pour arriver le plus rapidement possible, on ne devrait pas être tenus responsables. »

Les chiffres réels

Jacques Demers, préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) estime lui-aussi que le schéma de couverture doit contenir les données réelles.

« Ce qui est le plus important, c’est qu’il reflète exactement ce qu’il se passe sur le terrain, indique-t-il. C’est ce qui éviterait toute poursuite possible. Si on prend Sainte-Catherine-de-Hatley par exemple, il y a des endroits où les services d’incendie ne peuvent pas se rendre en 15 minutes. Il faut que les gens qui habitent là le sachent et que les assurances aussi le sachent. »

Il est utopique selon lui de croire que les pompiers peuvent se rendre en 10 ou 15 minutes partout au Québec.

« Il y a une limite, il y a des endroits où on ne pourra jamais intervenir en 15 minutes, admet-il. Les camions ne sont pas rapides comme des voitures non plus. Avec des pompiers volontaires on parle d’une différence de 8 à 10 minutes en temps de réponse juste avec le temps qu’ils quittent leur maison ou leur travail pour aller à la caserne et partir.»

Dans ces cas, le Ministère demande que les inspections pour vérifier la présence d’un détecteur de fumée par exemple se fassent plus régulièrement.

« On en demande beaucoup déjà aux pompiers volontaires, ajoute M. Demers. Ils sont aussi premiers répondants, ils ont donc régulièrement à sortir. Ils ont souvent des emplois dans des entreprises qui les laissent quitter en urgence, mais il ne faut pas abuser de ça non plus. »

M. Demers déplore finalement lui aussi les délais exorbitants du MSP.

« On a de la difficulté à en venir à des conclusions, résume-t-il. Même des endroits qui ont amélioré leur service avec des pompiers en caserne devraient, selon le Ministère, couvrir plus grand. Les discussions sont longues, chaque dossier est complexe. Je pense que le Ministère doit revoir sa façon de faire. »