La situation est tendue dans toutes les salles d’urgence du grand territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, notamment à l’Hôpital Fleurimont.

Salles d’urgence à éviter

C’est une tradition presque aussi habituelle que celle de l’échange de cadeaux à Noël : une fois la page du calendrier tournée sur le mois de janvier, les salles d’urgence des hôpitaux se mettent à déborder. La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS lance donc un appel à la population : « Si votre état de santé ne nécessite pas de soins urgents, utilisez les autres ressources à votre disposition avant de vous présenter à l’urgence », clame Lyne Cardinale, directrice des services généraux. Environ 60 % des cas sont jugés non urgents ou moins urgents lors du triage (P4 ou P5).

La situation est difficile dans presque toutes les salles d’urgence du grand territoire. L’urgence du Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog est particulièrement problématique alors que, depuis deux semaines, on se tient à presque 200 % de la capacité d’accueil de l’urgence (jusqu’à 14 patients sur une possibilité de 7 lits au permis).

« La situation est particulièrement difficile parce qu’on a aussi une éclosion dans un centre d’hébergement, ce qui fait que les admissions se font au compte-goutte pour les gens qui pourraient aller séjourner en courte durée », mentionne Lyne Cardinale.

La salle d’urgence de l’hôpital de Magog ne peut pas, physiquement, accueillir davantage que 14 patients sans mettre en péril la sécurité des patients et du personnel. « Il nous est arrivé de devoir transférer des patients de Magog vers d’autres hôpitaux pour libérer des lits », admet Mme Cardinal.

La situation est aussi difficile dans les salles d’urgence du CHUS Fleurimont, du CHUS Hôtel-Dieu et des hôpitaux de Granby et de Brome-Missisquoi-Perkins.

Les urgences de Coaticook, Asbestos et du Granit subissent moins de pression pour leur part.

La situation est si préoccupante que le dossier de chaque patient est scrupuleusement étudié pour savoir quand il pourra obtenir son congé. « À Magog (à midi), je sais qu’on a six patients en attente d’hospitalisation et qu’on aura quatre congés en cours d’après-midi », illustre Mme Cardinal.

« Les patients qui sont sur nos lits et nos civières en ce moment sont réellement malades et ont besoin d’être hospitalisés », ajoute-t-elle.

La situation est-elle appelée à s’améliorer au cours des prochaines semaines? « Historiquement, on sait que les mois de janvier et février sont très occupés dans les salles d’urgence », avance prudemment Mme Cardinal.

Le grand nombre de patients met évidemment de la pression sur un personnel peu nombreux et déjà épuisé. « Nous avons les ressources pour faire face à la situation, même si nous devons évidemment combler des quarts de travail en temps supplémentaire et en temps supplémentaire obligatoire. Les citoyens doivent être rassurés : nos urgences resteront fonctionnelles et prêtes à accueillir tous les patients ayant besoin de soins immédiats », assure la directrice des services généraux.

La saison de la grippe s’amorce tranquillement. En Estrie, 49 cas d’influenza ont été diagnostiqués jusqu’à présent. « Nous ne sommes pas encore dans un grand pic, mais l’indice grippal est élevé avec une tendance à la hausse. »

Pour éviter les urgences

Les patients qui présentent des symptômes de grippe ou de gastro sont invités à utiliser tous les autres moyens à leur disposition avant de se présenter à l’urgence. D’abord, il y a les médecins de famille. Selon les dernières statistiques, 85,2 % de la population a un médecin de famille en Estrie.

La Clinique des médecins d’urgence offre aussi un service de rendez-vous pour les patients orphelins en composant le 819 822-2700.

Il y a également Info-Santé (811) qui offrent des conseils pour retrouver la santé. Des guides d’autosoins pour se remettre de la grippe et de la gastro sont par ailleurs disponibles sur le site du CIUSSS de l’Estrie-CHUS au www.santeestrie.qc.ca/.