La mairesse d’Ascot Corner et le préfet de la MRC du Haut-Saint-François craignent que la réduction de la vitesse permise sur la route 112 de 90 à 70 km/h sur une distance de six kilomètres freine le développement économique du secteur.

Route 112 : « Une tempête dans un verre d’eau »

La sortie de la mairesse d’East Angus contre la décision du MTQ d’abaisser la limite de vitesse à 70 km/h sur la route 112 n’est pas justifiée, estime la mairesse d’Ascot Corner Nathalie Bresse. Elle reconnaît que cette mesure temporaire apporte son lot de désagréments et que d’autres devront être implantées, mais soutient que la sécurité des usagers devrait primer.

Aussitôt implémentée, la réduction de la vitesse permise sur la route 112 de 90 à 70 km/h sur une distance de six kilomètres a créé la grogne auprès des usagers de la route et des élus municipaux. La mairesse d’East Angus, appuyée par son préfet Robert Roy, a déclaré que les ralentissements provoqués par cette mesure pourraient freiner le développement économique de sa municipalité et du reste de la MRC. Cet argument ne tient pas la route, selon Mme Bresse. 

« Je tiens à dire que, lorsque nous avons rencontré le MTQ, nous avons proposé de diminuer la vitesse seulement que dans le secteur du chemin Paul, pas jusqu’à l’entrée d’East Angus, clarifie-t-elle. J’ai été très surprise quand j’ai entendu la décision du MTQ et, malheureusement, j’ai immédiatement vu la chicane venir. Je comprends leurs arguments, mais la sécurité des citoyens doit passer avant tout. Je vois cela comme une tempête dans un verre d’eau. »

« Je ne crois pas que le développement du Haut-Saint-François est menacé par une ou deux minutes de route de plus, poursuit-elle. Je me souviens quand la vitesse a été réduite à 50 km/h sur la rue King à l’entrée de Sherbrooke, les gens se sont plaints au début, mais ils se sont habitués et les commerçants sont contents. C’est une habitude à développer, on vit dans un monde où tout presse; je comprends que c’est frustrant. Je maintiens que la baisse de la limite de vitesse est une solution temporaire. Il va falloir faire plus pour rendre la route sécuritaire, dont ajouter des voies et un ou plusieurs carrefours giratoires. »

Une décision émotive

La mairesse d’East Angus, Lyne Boulanger, qualifie quant à elle la décision du MTQ d’émotive et de précipitée. « La décision a été prise dans le feu de l’action, sous l’influence des émotions du moment. On est sorti contre la mesure temporaire la semaine dernière pour faire accélérer le dossier, confie-t-elle. On veut que le MTQ adopte des mesures concrètes rapidement, il faut régler ce dossier une fois pour toutes en 2020. »

« C’est la quatrième fois qu’on réduit la vitesse à différents endroits sur la 112 entre Sherbrooke et East Angus et la situation ne s’améliore jamais, continue la mairesse Boulanger. La seule manière de rendre la route sécuritaire est d’améliorer la fluidité du trafic en ajoutant deux voies. Ça les prend au plus vite, c’est urgent, on ne peut pas laisser cette mesure temporaire retarder l’inévitable. On doit commencer par s’assurer que la route est en bon état et qu’elle convient au volume d’automobilistes qui l’empruntent. Après cela, on pourra réguler la vitesse des conducteurs en installant des photo-radars. » 

Toutes les options à l’étude

De son côté, le MTQ est du même avis que la mairesse d’Ascot Corner. La sécurité des usagers de la route passe avant tout, quitte à ce que le trajet prenne quelques minutes de plus à faire.

« La réduction de vitesse est sur une distance de six kilomètres seulement, cela ne rajoute qu’une minute et demie au trajet des automobilistes, c’est un désagrément mineur, estime Nomba Danielle, conseillère en communication au bureau régional du ministère des Transports pour l’Estrie. On a eu le mandat d’agir de la municipalité d’Ascot Corner et on a privilégié une action rapide pour assurer la sécurité des automobilistes. »

« La réduction de vitesse a été appliquée à un tronçon de six kilomètres qui est parsemé d’intersections avec des rues, enchaine-t-elle. On est prêt à rencontrer la municipalité d’East Angus s’ils le désirent pour discuter de cette nouvelle mesure et pour trouver des solutions à long terme. On est conscient que cette mesure ne suffit pas, toutes les options sont présentement à l’étude. On n’exclut rien. »