Des membres de la Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic ont tenu une conférence de presse sur les bords de la voie ferrée, à Nantes, à l’endroit même où le train fou du 6 juillet 2013 s’est mis en branle, sans conducteur, pour dévaler la pente jusqu’au centre-ville de Lac-Mégantic. De g. à d., Richard Poirier, Robert Bellefleur, porte-parole, Gilles Fluet et Gilbert Carette.

Rien n’a changé, selon la Coalition

La Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic a profité du 5e anniversaire de la tragédie du 6 juillet 2013 pour organiser une conférence de presse près de la voie ferrée, où la Central Maine and Quebec Railway (CMQR) effectue encore du triage, à Nantes.

« Nous sommes ici pour mettre en évidence que rien n’a changé à Lac-Mégantic et à Nantes, comme le rappelait d’ailleurs, cette semaine, le rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada, pour l’année 2017, et ce, malgré la pire catastrophe ferroviaire dans l’histoire du Canada qui est survenue ici! », a déclaré vendredi matin, 6 juillet 2018, le porte-parole de la Coalition, Robert Bellefleur.

« Le BST rapportait que le nombre de trains partis à la dérive a augmenté de façon significative au Canada. Il y en a eu plus d’une cinquantaine, en 2017. Pour ce qui est des incidents/accidents, ils ont augmenté de 21 pour cent, ce qui a carrément annulé les diminutions des années précédentes. Finalement, en moyenne, il n’y a eu aucune diminution, malgré les mesures qui ont été supposément prises par l’industrie, les bonnes intentions du ministre Garneau, tout est resté lettre morte! Nous en sommes un bel exemple ici! »

« Malgré ce qui est arrivé, il y a encore des trains stationnés à Nantes. On n’a pas compris que le principal danger, c’est le tri qui se fait ici et qui peut occasionner que des convois partent à la dérive! Habituellement, le tri se fait dans des terrains et des espaces en forme de cuvette, pas sur le haut d’une côte! Notre coalition a tenté de savoir, en suivant le procès des trois ex-employés de la MMA au complet, avec les témoignages d’experts, si la MMA avait déjà effectué des études de risques. Non, jamais. Même chose pour la CMQR. Et Transports Canada, eux non plus, ne nous ont jamais répondu à ce sujet. Aujourd’hui, on interpelle nos élus, les Fecteau, Breton, Morin, Gendron, de s’enquérir auprès de Transports Canada s’il y a eu des études de risques. Car ces élus sont obligés de mettre à jour leurs Plans des mesures d’urgence. »

Le porte-parole croit que le triage devrait se faire dans le bas de la pente, quelque part dans le parc industriel de Lac-Mégantic. « Nous pensons qu’il y a de la place, des terrains qui se prêteraient beaucoup mieux à cette activité ferroviaire. Ce qui sécuriserait aussi les populations de Lac-Mégantic et de ses voisines. »

La Coalition a ensuite insisté sur le fait que le BST s’insurgeait que ses recommandations, à la suite de la tragédie, n’aient pas toutes été adoptées par Transports Canada, et que le remplacement des citernes DOT-111 ne sera complété qu’en 2022 au Canada et qu’en 2025 aux États-Unis.

« Le refus du tracé proposé par Nantes et Frontenac sème la chicane, la discorde, la division, au lieu de reconstruire socialement la communauté. Est-ce que c’est voulu? », a questionné le porte-parole.