Le candidat conservateur Alain Rayes a obtenu un deuxième mandat de la part des électeurs de Richmond-Arthabaska.

Richmond-Arthabaska : Rayes l’emporte haut la main

Les électeurs de Richmond-Arthabaska ont accordé un deuxième mandat au député conservateur Alain Rayes, allant même jusqu’à accroître sa majorité par rapport aux résultats du scrutin de 2015.

Le lieutenant d’Andrew Scheer au Québec l’a en effet emporté avec près de 45 % des suffrages, devant le bloquiste Olivier Nolin (28 %) et le libéral Marc Patry (15 %). 

À LIRE AUSSI: Luc Berthold facilement

Lors de l’élection de 2015, M. Rayes avait récolté 31,6 % des suffrages et devancé le candidat libéral Marc Desmarais par plus de 4000 voix de majorité. Au moment de mettre sous presse, il devançait son plus proche adversaire par plus de 6500 voix.

« C’est une tape dans le dos que viennent de me donner les électeurs de Richmond-Arthabaska afin que je continue à travailler fort à Ottawa pour défendre leurs dossiers », a déclaré M. Rayes après s’être adressé à la centaine de partisans venus célébrer sa victoire au Complexe Évasion de Victoriaville.

Déçu pour le Québec

Le député de Richmond-Arthabaska, qui avait prédit « entre 15 et 20 sièges » au Québec pour le Parti conservateur, s’est dit déçu des résultats obtenus.

« On a tenté d’avoir un programme qui allait toucher les Québécois et les Québécoises. On a vu l’enjeu de la loi 21 (sur la laïcité). On s’est positionné clairement pour ne pas la contester, contrairement aux libéraux. On a voulu offrir un rapport d’impôt unique, remettre de l’argent dans les poches des contribuables, plus de pouvoirs en matière d’immigration et de culture. Il faut croire qu’on n’a pas réussi à rejoindre la population avec ça. Pourtant, c’est ce que la population nous avait dit lors de notre tournée à l’écoute des Québécois. Maintenant, ça va être à nous à redoubler d’ardeur. Ce dont je suis fier, c’est qu’on a maintenant une base au Québec sur laquelle on peut construire. »

Quant à l’avenir du chef Andrew Scheer, Alain Rayes s’est montré prudent : « Je pense qu’on va faire un post-mortem de tout ça. On verra ce qu’on va faire pour la suite des choses. »

Il s’est par ailleurs dit déterminé à faire avancer les dossiers régionaux.

« Dans l’opposition, il y a moyen de travailler. On l’a démontré dans le dernier mandat. Je pense à ce qu’on a réussi à faire dans la MRC des Sources avec le dossier des résidus miniers. Il va aussi falloir travailler avec la ville de Victoriaville pour le bassin Beaudet afin que l’argent soit au rendez-vous. Il y a aussi le dossier d’Ham Nord, celui de la main d’œuvre et de la couverture concernant internet et le réseau cellulaire », a-t-il souligné.

+

Entouré d’une quinzaine de proches et partisans au bar sportif O Match de Victoriaville, le bloquiste Olivier Nolin a accepté sa défaite la tête haute. La vague bloquiste lui a tout de même accordé beaucoup plus de voix qu’en 2015.

Nolin et Patry étaient réalistes

 L’avance considérable d’Alain Rayes a rapidement réduit à néant les espoirs du bloquiste Olivier Nolin. Vers 22 h 20, on annonçait déjà la victoire du lieutenant conservateur pour le Québec avec seulement 35 bureaux de votes au décompte sur un total de 270. 

Réuni avec une quinzaine de proches et partisans au bar sportif O Match à Victoriaville lors de l’annonce de sa défaite, M. Nolin est demeuré solide. Il connaissait l’ardeur de la lutte qu’il s’apprêtait à mener lorsqu’il a présenté sa candidature. 

Le juriste a tenu à féliciter M. Rayes. « C’est une victoire pour Alain Rayes et non pour les conservateurs dans la région. Je trouve qu’on a tout de même fait un très bon pointage ce soir, ce n’est pas du tout un désastre », a-t-il partagé alors qu’on affichait 28 % des votes en sa faveur. En 2015, M. Nolin n’avait obtenu que 17,2 %. 

« M. Rayes a passé sa campagne à dire que le Bloc n’était que des gérants d’estrade. Cette fois, ce sera lui le gérant d’estrade sans pouvoir et sans balance du pouvoir. Il va s’opposer systématiquement sans construction et sans gain pour la région », a-t-il fait noter par la suite. 

Pas de miracle

Dans le local de campagne du libéral Marc Patry, arrivé en 3e position, les quelques personnes présentent priaient tout simplement pour un miracle : ce dernier n’avait eu que trois semaines pour se faire connaître des électeurs, dont une sans pancartes électorales. 

« Je suis un homme extrêmement réaliste. Je savais depuis le début que M. Rayes était très populaire. Il a conduit une campagne intense avec beaucoup de visibilité. Il ne faut pas non plus nier que cela fait 30 ans que la circonscription n’a pas été libérale », a partagé l’homme d’affaires semi-retraité, convaincu que quelques semaines de plus auraient pu faire une différence. Jasmine Rondeau