André Bachand au moment de l’annonce de sa candidature pour la Coalition avenir Québec du chef François Legault, le 12 mars dernier.

Richmond : Bachand ira où Legault l'enverra

Même avec une feuille de route politique bien remplie, le nouveau député caquiste de Richmond André Bachand se garde bien de montrer trop d’attentes quant à d’éventuelles fonctions ministérielles au sein du premier cabinet de François Legault.

« On verra », se contente-t-il de répondre en entrevue avec La Tribune au lendemain de sa victoire éclatante avec plus de 8500 voix de majorité sur la libérale Annie Godbout, dans une circonscription libérale depuis 37 ans.

« Je le dis souvent, le job le plus important pour un candidat, c’est de livrer son comté, reprend M. Bachand. Si je peux aider à faire gagner d’autres comtés, je vais le faire. Après ça, on est disponible et c’est au premier ministre de décider qui va occuper les différents postes. Ça lui appartient. »

Celui qui œuvre en affaires publiques depuis plus de 30 ans note du même souffle qu’il y a « beaucoup de potentiel ministériel » en Estrie, avec l’homme d’affaires Gilles Bélanger dans Orford et la triple médaillée olympique Isabelle Charest dans Brome-Missisquoi, pointe-t-il.

« Ça prend aussi une parité dans le cabinet, c’était une promesse de M. Legault », met en perspective M. Bachand, qui a été maire d’Asbestos et préfet de la MRC de 1986 à 1997, député conservateur à la Chambre des communes de 1997 à 2004, conseiller principal du premier ministre du Canada pour le Québec, puis ambassadeur du Canada à l’UNESCO à Paris.

« Maintenant »

Déjà au travail mardi matin, André Bachand multipliait les rencontres et les entrevues, non sans savourer le verdict des électeurs de sa circonscription.

« Une victoire en politique, c’est toujours émouvant, confie-t-il. Quand tes pairs te donnent leur confiance, ça fait chaud au cœur. »

La victoire de lundi a aussi de particulier pour M. Bachand que le slogan de la CAQ était « Maintenant », soit le même slogan qui chapeautait sa première course à la mairie d’Asbestos en 1986. « Quand j’ai vu le slogan du parti, j’y ai vu un signe! »

D’ici son assermentation, André Bachand entend d’ailleurs « refaire l’itinéraire de la campagne » pour aller remercier les gens et leur dire qu’en tant que député maintenant, il est disponible pour eux.

Dès qu’il le pourra, il s’entretiendra avec la députée sortante Karine Vallières pour faire la transition, puis ouvrira « des » bureaux de comté.

« Des bureaux parce que Richmond, analyse-t-il, c’est deux comtés en un. Le secteur rural est facile à travailler avec les maires et les nombreux organismes en place. La moitié de la population du comté est toutefois dans le bloc sherbrookois, à Rock Forest, Saint-Élie, et Deauville, et vit une autre réalité. Alors on va devoir leur donner une attention particulière. Je veux rapidement m’implanter dans tout le comté. »

Pour la même raison, les priorités sont nombreuses pour le nouveau député, selon qu’il écoute l’une partie ou l’autre des 60 000 électeurs de Richmond. Il nomme spontanément la route 257, l’offre de logement dans la municipalité de Richmond, la rétention de main-d’œuvre à Valcourt et la fibre optique à la grandeur du territoire.

Enfin, comme ses autres collègues élus, André Bachand est appelé à Québec mercredi pour le premier caucus des troupes de François Legault.

Il convient que les engagements sont nombreux et se dit soulagé que la CAQ ait obtenu un mandat majoritaire.

« On la souhaitait, la majorité! On est un nouveau parti et en n’ayant pas d’historique de gouvernance, ça aurait été difficile d’être minoritaire. Là, même si M. Legault veut aller rapidement, on a quatre ans pour s’installer et pour bien faire les choses. »

Alors que son chef élevait la réforme du mode de scrutin au rang des priorités, mardi, devant la presse nationale — avec un projet de loi d’ici la fin de 2019 —, André Bachand assure qu’il veillera au grain.

« C’est important pour moi que les régions ne soient pas sous-représentées avec une réforme du scrutin. Même si Montréal est plus populeuse, il faut que les 60 000 électeurs de Richmond soient représentés équitablement. »